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Bourse & Finances

Finance participative: les chantiers qui tardent à voir le jour

Finance participative: les chantiers qui tardent à voir le jour
Vendredi 25 Juin 2021 - Par admin

L’amendement de la loi sur les OPCVM ouvrira la voie au lancement des fonds Sharia Compliant.

Les Sukuks d’investissement et de financement faciliteront les financements à long terme.

 

Par Y. Seddik

 

L’industrie de la finance participative prend graduellement forme au Maroc. Quatre ans seulement après leur démarrage, les banques participatives commencent à concurrencer les banques conventionnelles sur certains segments du financement, notamment celui de l’habitat. Par exemple, en 2020, ces dernières ont produit 50% des prêts destinés au financement de l'habitat.  Ceci alors même que plusieurs chantiers structurants ne sont pas encore finalisés, à l’image du très attendu Takaful.

«Les textes sont au Secrétariat général du gouvernement pour la phase finale. Des entreprises de Takaful sont en cours de création après le dépôt des agréments auprès de l’ACAPS, les équipes sont en formation… C’est quelque chose qui va démarrer incessamment sous peu», nous a appris Bachir Baddou, Directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d'assurances et de réassurance (FMSAR), lors du 6ème Meeting sur l’information financière.

«Cela a pris un peu de temps parce qu’il y a différents modèles possibles. Au Maroc, nous avons créé un modèle maroco-marocain qui sera certainement un benchmark pour la finance participative pour d’autres pays», a-t-il ajouté. Notons que ces textes comprennent un projet d'arrêté «Takaful» pour l'application de la loi, trois projets d'arrêtés fixant les conditions générales types de trois produits d'assurance «Takaful» (décès-invalidité, multirisque bâtiments, investissement Takaful) et un projet de la circulaire spécifique à l'assurance «Takaful». «C’est un besoin qui devient très pressant. Mais d’ici la fin de l’année, nous verrons les premières entreprises Takaful démarrer leurs activités», a estimé le DGT de la FMSAR.

Les Sukuks d’investissement et de financement se font attendre

Mais les acteurs de la finance participative attendant également l’entrée en vigueur d’autres projets de loi qui permettront de libérer le vrai potentiel de l’écosystème participatif et de compléter son puzzle. Il s’agit notamment des textes d’application des Sukuks d’investissement et de financement, lesquels faciliteront les financements à long terme.

«Le chantier qui est ouvert au niveau de l’AMMC maintenant, est celui des textes d’application permettant le lancement des Sukuk d’investissement (Wakala, Moucharaka, Moudaraba : ndlr) et de financement (Istisna’e, Mourabaha, Salam  : ndlr). Ces derniers devraient être un outil plus adapté pour le besoin de financement, notamment des banques participatives. Pareil pour les futures entreprises d’assurance de Takaful pour qu’ils aient des actifs sur lesquels investir», souligne Ikhlass Mettioui, directrice gestion de l’épargne d’actifs et protection de l’épargne à l’AMMC.

L’autre chantier en cours est celui de l’amendement de la loi sur les OPCVM, étape nécessaire pour permettre leur listing en Bourse, la commercialisation d'ETFs et la mise en place de fonds Sharia Compliant. Ce projet est en cours de finalisation sous la coordination de la Direction du Trésor.

«C’est un sujet (fonds Sharia Compliant : ndlr) qui sera pris en compte dans l’amendement de la loi sur les OPCVM qui est en cours. Une loi qui, espérons, sera adoptée dans les prochains mois pour qu’on puisse rapidement lancer des OPCVM de ce genre», précise Mettioui.

OPCVM Sharia Compliant : La profession reste à l’affût

Du côté de la profession, l’ASFIM se dit prête pour les ETFs, les fonds en devises ou encore les fonds en investissements participatifs.

«D’ailleurs, les produits ont précédé la loi. Il y a un indice qui existe déjà avec des filtres compatibles avec la finance participative. Et beaucoup de fonds s’identifient comme étant à vocation financement participatif, sans pour autant avoir le sceau du Conseil supérieur des oulémas», précise Reda Hilali, président de l’Association des sociétés de gestion et fonds d'investissement marocain. Attendu pour permettre aux futurs OPCVM Sharia Compliant et aux compagnies Takaful de disposer d'une référence pour placer leurs fonds, l’indice Sharia Compliant est la pierre angulaire de ces futurs véhicules d’investissement.

«La publication de l’indice de la finance participative sera très intéressante pour le marché. Nous sommes dans les derniers réglages», nous a informé pour sa part Tarik Senhaji, Directeur général de la Bourse de Casablanca. Son lancement permettra aux futures compagnies Takaful et aux gestionnaires de fonds intéressés de trouver des moyens compatibles avec la Charia pour placer leurs excédents de trésorerie, élargissant aux actions le spectre des supports de placement Sharia compatible potentiels. 

 

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