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Entreprises cotées : La communication extra financière encouragée

Entreprises cotées : La communication extra financière encouragée

 

«Intégrer des données sociales et environnementales dans la communication périodique des entreprises cotées», telle était la problématique débattue à la Bourse de Casablanca mardi dernier en présence de Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), et de consultants marocains et étrangers spécialistes en gouvernance d’entreprises.

Ce processus, appelé également RSO (responsabilité sociale et environnementale), consiste à pousser les entreprises cotées ou pas à se mettre à niveau sur les questions de développement (climat social, respect de l’environnement etc) puis de communiquer sur leurs situations à ce sujet. «L’entreprise qui cherche exclusivement à gagner de l’argent est un concept révolu», annonce Caroline de La Marnierre, experte en communication intégrée. Elle a également déclaré que la vague des fonds dédiés et éco responsables, qui intègrent fortement des critères RSO dans leur processus de choix d’investissements, arrivera bien par atteindre les économies comme la nôtre et qu’il est temps de rattraper le temps perdu en la matière.
Nizar Baraka, toujours aussi précis sur les dossiers qu’il étudie, annonce que le CESE met en place une panoplie de démarches citoyennes pour que les entreprises s’y conforment. Bien sûr, il souleve la question du coût de mise en place de ce type de normes qui peut laminer la compétitivité des entreprises, surtout les plus petites. Pour Baraka, cette question doit être traitée à travers des incitations fiscales et une protection des entreprises en leur offrant une visibilité fiscale et règlementaire maximales. «Sans encouragement, point de responsabilité sociale» déclare-t-il.

La réalité est loin d’être facile 
Pour sa part, Rachid Belkahia, consultant en gouvernance d’entreprises a rappelé qu’«au Maroc, des problèmes existent encore dans la communication financière légale». Ce qu’il appelle le SMIG de la communication. Pour lui, «ce type de démarche, pour réussir, doit être imposé aux chefs d’entreprises à travers des lois».  Pour appuyer ses propos, Belkahia a rappelé qu’un référentiel de bonne gouvernance incorporant également des recommandations sociales et environnementales existe depuis plusieurs années et que rares sont les entreprises qui le respectent.
Lorsque plus des deux tiers des entreprises remplissent à peine leurs obligations légales envers les investisseurs, leur demander d’intégrer des données telles que celles-là dans leur chaîne de valeurs puis d’y fournir un effort de communication institutionnelle paraît être un luxe. En tout cas pour le moment.

A. H.

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