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BTP: pas d’éclaircie à l’horizon

BTP: pas d’éclaircie à l’horizon

2023 s’annonce difficile pour les opérateurs du BTP, malgré une détente sur les coûts des intrants.

Les 300 milliards de DH annoncés au titre des investissements publics pour 2023 vont-ils booster le secteur ?

 

Par Y. Seddik

Secteur névralgique, compte tenu de sa contribution à l’emploi et à la croissance, le BTP continue de montrer des signes de faiblesse structurelle et de subir coup sur coup les effets des crises. La situation est telle que plusieurs entreprises ont dû mettre la clef sous la porte depuis la crise sanitaire. Les opérateurs du secteur continuent de tirer la sonnette d’alarme et invitent le gouvernement à agir en urgence.

En 2022 par exemple, les entreprises opérant dans le secteur, cotées à la Bourse de Casablanca, ont perdu 35% contre une baisse du marché de 19,75%. Pour 2023, le secteur affiche selon toute vraisemblance une activité en repli. Il devrait composer avec les mêmes éléments négatifs que les années précédentes, à savoir un risque accru de récession à l’international, une campagne agricole qui démarre avec un retard des précipitations et des coûts de construction élevés résultant du contexte inflationniste.

«L’ensemble de ces éléments nous pousse à être prudents quant à l'évolution de la valorisation des opérateurs opérant dans le secteur du BTP. Dans ce contexte, nous avons revu nos cours cible à la baisse par rapport à notre dernière publication (juillet 2022 : ndlr) en réponse principalement à l’évolution récente des ventes de ciment (baisse de 10,6% à fin décembre 2022) et à la hausse du taux directeur», écrivent les analystes de CDG Capital Insight dans une note d’analyse.

Construction : c’est mitigé !

CDG Capital Insight pense qu’en 2023 les tensions seraient moins fortes pour certains produits en raison de la baisse de la demande à l’étranger et du repli des coûts de l’énergie. L’allégement de la chaîne d’approvisionnement permettrait une croissance de la production de la construction. Néanmoins, l'inflation pourrait continuer à affecter l'industrie dans son ensemble au cours de l'année à venir.

«L'industrie de la construction pourrait continuer à ressentir les effets de la hausse des prix de l'acier, du ciment, du bois et du carburant. En conséquence, elle pourrait connaitre des retards dans l'achèvement des projets, une augmentation des coûts de construction et une réduction des marges bénéficiaires», nuancent les analystes. Ces derniers relèvent, d’un autre côté, des inquiétudes concernant la demande des ménages. Une préoccupation due aux impacts de la hausse persistante de l'inflation sur les revenus réels des ménages et de celle des taux d'intérêt qui devraient impacter les dépenses des consommateurs, freinant ainsi le rythme de progression de la demande potentielle en logements.

L’infrastructure en soutien ?

Avec une enveloppe record de 300 milliards de DH prévus dans la Loi de Finances 2023, le secteur infrastructures devrait être le principal moteur de la croissance du secteur en 2023. Un avis qui n’est pourtant pas partagé par les opérateurs, qui estiment que l’investissement public ne profite pas pleinement (ou comme il le faut) à leur activité. D’autant que certains marchés déjà adjugés antérieurement à l’année en cours sont comptabilisés dans l’enveloppe d’investissement précitée. «L’année 2023, à l’instar de l’année 2022, serait marquée par le lancement de plusieurs projets de grande envergure opérant dans différents secteurs. Ces chantiers devraient compenser partiellement la faible demande en logement, comme en témoigne l’augmentation des ventes de ciment du segment infrastructures de 7,2% à fin janvier 2023», souligne le bureau de recherche.

Détente sur les coûts des intrants

Dans ce contexte d’inflation des prix, la plupart des sociétés opérant dans le secteur BTP ont enregistré une détérioration des marges au cours du premier semestre 2022, et ce en raison de la hausse du coût de pet coke, du Dollar et du fret. «Nous estimons que cette période d’inflation des coûts des intrants devrait légèrement se calmer en 2023. Selon Bloomberg, le prix du Brent devrait se situer à un niveau de 87,5 USD/bbl, soit une baisse de 12,5%. Néanmoins, les prix resteraient toujours à des niveaux élevés mettant ainsi la pression sur la trésorerie des entreprises», explique-t-on. 

 

 

 

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