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Assurance-vie vs Retraite complémentaire : deux produits d'épargne avantageux

Assurance-vie vs Retraite complémentaire : deux produits d'épargne avantageux

Le législateur marocain a apporté des changements fiscaux visant à encourager la souscription de produits de retraite complémentaire.

 

Par Y. Seddik

“L’assurancevie est un produit largement plébiscité par les épargnants, qu'ils recherchent une solution pour la préservation de leur patrimoine ou pour mettre en place une épargne programmée en vue de constituer une retraite complémentaire, financer l'éducation de leurs enfants, ou encore concrétiser un projet à long terme», a indiqué Faiçal Zahlane, Directeur général adjoint de La Marocaine Vie, en charge des activités marketing & développement, lors de la première édition du Salon de l’épargne.

Cette approche de l'assurancevie a rencontré un grand succès grâce à sa flexibilité et à sa fiscalité avantageuse. Maintenant, la différence fondamentale entre l'assurance-vie et la retraite complémentaire réside principalement dans la fiscalité qui leur est appliquée. Lorsque l'on souscrit à un produit d'assurance-vie, il est important de noter que les primes versées proviennent du salaire net, ce qui signifie que ces primes ne sont pas déductibles à la source. La fiscalité de l'assurance-vie se base sur le montant des plusvalues générées par le contrat. Cependant, une exonération fiscale s'applique après une durée de détention minimale de 8 ans, ce qui en fait un choix d'investissement intéressant, explique le DGA de La Marocaine Vie.

En revanche, la retraite complémentaire se distingue par un avantage fiscal significatif à la sortie. Toutes les cotisations versées dans le cadre d'une retraite complémentaire, qu'elle soit adossée à un régime de répartition ou de capitalisation, sont déductibles, permettant ainsi de réduire la base imposable. «À l'échéance, la fiscalité ne dépasse généralement pas les 20%. Il est à noter que ces 20% peuvent souvent être compensés par le rendement généré par l'investissement, ce qui signifie que les épargnants peuvent potentiellement sortir avec une fiscalité avoisinant zéro», a-t-il précisé. L'attrait de l'assurance-vie a connu des fluctuations au fil du temps.

Fin 2022, la crise financière a secoué les principaux supports d'OPCVM, impactant même les fonds garantis en dirhams en raison de l'inflation, ce qui a entraîné une dévalorisation de l'épargne et a semé la crainte parmi les investisseurs. Toutefois, les marchés ont depuis repris de la vigueur, ce qui a permis un regain de confiance des épargnants, même si l'impact initial a été notable. «C’est un impact que nous sommes en train de corriger. Nous avons trouvé aussi d’autres supports de refuge vers lesquels nous orientons nos clients, comme les fonds en dirhams, où le capital est garanti avec un rendement à la fois compétitif et prudent», affirme Zahlane. Par ailleurs, un changement réglementaire est intervenu avec la Loi de Finances 2023. Dans ses premières versions, le projet de loi prévoyait une taxation de 30%, non libératoire, ce qui a provoqué une certaine inquiétude parmi les épargnants, entraînant une vague de rachats anticipés vers la fin de 2022 et une baisse du chiffre d'affaires du secteur. 

«En effet, alors qu’elles n’étaient encore que discutées, les orientations du projet de Loi de Finances 2023 en matière de fiscalité d’assurance retraite ont immédiatement provoqué de vives réactions. Dès l’annonce à la fin d’octobre 2022 de la proposition d’une imposition au taux forfaitaire non libératoire de 30% pour les rachats ne respectant pas les conditions d’âge et de durée, nos clients détenteurs d’un produit de retraite complémentaire ont manifesté de nombreuses craintes, matérialisées par un afflux soudain d’appels et par une hausse sensible des demandes de simulation et de rachat», a rappelé F. Zahlane. Toutefois, dans la version finale de la Loi de Finances 2023, le taux de taxation a été réduit à 15%.

De plus, pour les souscripteurs remplissant les conditions, le taux d'abattement a été augmenté de 40% à 70%, renforçant ainsi l'attrait de la retraite complémentaire. En conclusion, le législateur marocain a apporté des changements fiscaux visant à encourager la souscription des produits de retraite complémentaire. La retraite complémentaire constitue une option avantageuse pour préparer l'avenir financier, en particulier lorsqu'elle est planifiée à long terme. Le choix entre l'assurance-vie et la retraite complémentaire dépendra des besoins, de l'horizon de placement et du profil d'investissement de chaque épargnant. Mais les avantages fiscaux offerts par ces deux voies d'épargne ne doivent pas être négligés.

 

 

 

 

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