Financement de l’innovation au Maroc: encore du chemin à parcourir

Financement de l’innovation au Maroc: encore du chemin à parcourir

L’écosystème marocain des start-up a connu au fil de ces dernières années une croissance considérable. Mais malgré cette expansion, les start-up marocaines sont confrontées à plusieurs problématiques, dont celle du financement.

 

Par M. A. O.

À mesure que le monde se digitalise, le nombre de start-up émergentes et de solutions innovantes fait de plus en plus de recettes au Maroc. Selon le Global Startup Ecosystem Index 2022, le Royaume se classe aujourd’hui 79ème sur 100 pays, alors qu’il occupait en 2021 la 95ème place. En revanche, le manque de financement adéquat, de capital-risque et de capitaux de départ sont des défis majeurs face à la croissance des start-up marocaines.

Afin de soutenir les start-up et encourager l’entrepreneuriat, le Maroc a mis en place plusieurs mesures ambitieuses. Acteur majeur en matière de renforcement de l’offre de financement ciblant les startup et entreprises innovantes au Maroc, Tamwilcom avait mis en place le Fonds Innov Invest, un dispositif de financement de l’amorçage et de l’innovation.

«L'avènement du programme Innov Invest a constitué une vraie bouffée d’oxygène pour cet écosystème. Ce fonds est arrivé au bon moment parce que l’amorçage risque a toujours été le maillon faible de la chaîne de financement du capital investissement. Innov Invest a permis d’accélérer le développement de cet écosystème en sélectionnant trois nouveaux fonds d’investissement qui opèrent dans le secteur d’amorçage risque. Il a également permis la structuration de 16 structures d’accompagnement qui englobent des accélérateurs ainsi que des incubateurs», souligne Dounia Boumehdi, présidente de la Commission amorçage au sein de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC).

Intervenant lors d’une table ronde organisée, mardi 21 mars 2023 à Casablanca par Horizon Press, en partenariat avec Tamwilcom, sous le thème «Quelles perspectives pour le financement de l’innovation au Maroc ?», Dounia Boumehdi a ajouté : «Aujourd’hui, avec 3 fonds et 16 structures, beaucoup de choses ont été réalisées et beaucoup d’entreprises et de start-up ont été accompagnées, mais il reste beaucoup à faire pour que cet écosystème atteigne sa vitesse de croisière».

De son côté, Hicham Zanati Serghini, Directeur général de Tamwilcom, a mis la lumière sur les chiffres-clés du Fonds Innov Invest. «Grâce à Innov Invest, plus de 450 start-up ont été financées à travers l'écosystème. Sur ces 450 start-up, le chiffre d'affaires réalisé est d’environ 300 millions de dirhams. Aussi, 40 nouveaux brevets sont venus enrichir la propriété intellectuelle au Maroc, soit 12 à 16% des nouveaux brevets déposés au niveau national. Sans oublier que ce dispositif a permis la création d’un total de 1.300 emplois».

Précisant que le Maroc compte plus de 2.000 startup actives et 70 structures d’accompagnement, Ghita Hannane, responsable Maroc de la Société financière internationale (SFI), a relevé que la pandémie a permis d’accélérer l’innovation, notant qu’en 2021, le Royaume a rattrapé le potentiel de croissance du e-commerce. «Pendant la pandémie, nous étions obligés d’innover, de nous lancer dans le digital et dans des secteurs plus pointus, et cela a été bénéfique pour nos start-up», affirme-t-elle. Pour ce qui est des actions à mettre en place en vue de renforcer l’écosystème des start-up au Maroc, Dounia Boumehdi indique qu’il faut d’abord s’accorder et travailler sur le volet fiscal, soulignant qu’en ce qui concerne les fonds d’investissement, les acteurs opèrent actuellement par une TVA non récupérable et que le plan comptable pose problème, puisqu’il n’est pas adapté à cet écosystème. 

 

Paroles de pro : Hicham Zanati Serghini, Directeur général de Tamwilcom - «L’environnement dans lequel nous travaillons aujourd’hui est un peu difficile»
«L’ environnement a besoin d’une mise à jour, car si nous voulons être captifs, nous devons être aux standards des autres pays, tels que l’Egypte ou encore le Nigéria qui sont beaucoup plus développés que nous à ce niveau. L’environnement dans lequel nous travaillons aujourd’hui est un peu difficile, notamment parce qu’il s’agit d’un pays situé dans la région la moins intégrée au monde, ce qui fait que les perspectives restent très faibles. Alors qu’il s’agit de la 5ème puissance économique de l’Afrique, le Maroc est classé 15ème en termes de levées de fonds. Par contre, il ne faut pas oublier que l’écosystème marocain reste relativement jeune. Il faut donc mettre en place de nouvelles initiatives, et cela requiert que l’environnement.

 

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