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Economie

Tourisme : L’année 2015 finira-t-elle dans le rouge ?

Tourisme : L’année 2015 finira-t-elle dans le rouge ?
Lundi 30 Novembre -0001 - Par admin

plageLes attentats terroristes en Tunisie auront sans aucun doute des retombées négatives sur l’industrie touristique marocaine.

Le HCP annonce une baisse de 2,7% en 2015, alors qu’on tablait sur une légère croissance entre 1 et 2,2%. Les aspirations du Maroc à être parmi les 20 plus grandes destinations mon­diales semblent de plus en plus incertaines.

Avec une tendance baissière enregis­trée depuis le début de l’année (-1,5%), due aux événements qui ont frappé la région ces dernières années, à savoir le printemps arabe, Daech, les attaques contre Charlie Hebdo, l’attentat du musée Bardo en Tunisie…, le secteur touristique maro­cain n’est pas encore au bout de ses peines. Et pour cause, l’attentat sanglant à Sousse (en Tunisie), vendredi dernier, ayant fait 39 morts et 39 blessés, et qui a visé principalement des touristes britanniques, risque de com­promettre la saison.

C’est un coup dur pour tout le Maghreb et pour le Maroc qui espérait pouvoir compenser les pertes enregistrées par le recul des marchés français et italien et renouer avec la croissance grâce aux touristes allemands et anglais. Une croissance certes très au-dessous des prévisions (10%), soit entre 1 et 2,2%, comme l’avait indi­qué Lahcen Haddad, ministre du Tourisme, avant les atten­tats, mais qui aurait permis de finir l’année dans le vert.

Quels dommages économiques pour notre industrie ?

Le but derrière cet attentat meurtrier, qui a touché non seulement la Tunisie mais aussi toute la région, n’est autre que de nuire à l’industrie touris­tique. Une industrie qui consti­tue l’une des locomotives de croissance des pays de la zone MENA. Même si les attentats ont eu lieu en dehors de notre territoire, le Maroc n’échappera certainement pas aux réper­cussions de cet acte terroriste, notamment avec l’amalgame qui se fait par rapport à la destination marocaine. Mais pas seulement, car le timing de ces actes, qui ont eu lieu en pleine période estivale, ne sera pas sans conséquences sur la saison. En Tunisie, en plus du départ des touristes qui étaient déjà sur place, le secteur enregistre des annu­lations successives pour les mois prochains. Quatre jours après ce drame, le syndicat des agences de voyages fran­çaises (SNAV) a indiqué «avoir enregistré, pour le mois de juillet, 80% d'annulations et de demandes pour d’autres destinations». Même son de cloche chez les tour-opéra­teurs français, qui affirment une augmentation massive des demandes d’annulation. Cette tendance ne concerne pas uniquement le marché français, mais également celui allemand, britannique et belge. Malheureusement, le Maroc ne figure pas parmi les destina­tions de remplacement. Les touristes ont opté plutôt pour d’autres pays, notamment la Turquie, la Grèce, la Bulgarie, la Croatie ou l'Espagne. Aujourd’hui, l’enjeu pour notre pays n’est pas d’essayer de récupérer les parts de marché de la Tunisie, mais de mainte­nir les siennes et de réduire la casse.

Comment sauver la saison ?

Plusieurs questions se posent aujourd’hui : Y a-t-il eu des annulations du côté maro­cain ? Quels impacts auront ces attentats sur l’économie, d’une manière générale, et sur l’industrie touristique en parti­culier ? Quelles sont les actions à entreprendre pour atténuer l’impact de ces attentats ? La clientèle locale pourra-t-elle, à elle seule, de sauver la saison ?

Selon le ministre du tourisme, aucune annulation massive n’a été enregistrée pour l’instant. Il est encore tôt pour savoir si oui ou non l’industrie touristique marocaine sera impactée.

Toutefois, le rapport du bud­get économique 2016, récem­ment présenté par le haut-commissaire au Plan, relève que «les activités touristiques qui ont contribué à la crois­sance économique des der­nières années, avec un taux de 5% en moyenne durant la période 2007-2014, connaî­traient, pour la première fois, une baisse de leur valeur ajou­tée de l’ordre de 2,7%».

Des prévisions que conteste L. Haddad, tout en précisant que la part du PIB touristique dans le PIB global connaîtra une baisse de 0,3%, un taux bien loin des pronostics du HCP. Quoi qu’il en soit, la conjoncture actuelle ne favo­rise pas les professionnels du secteur, qui tablaient sur la saison estivale pour tirer leur épingle du jeu.

«Il est encore tôt pour mesurer l’impact de ces attentats sur le secteur. Néanmoins, jusqu’à présent, nous n’avons pas de visibilité. Mais ce qui est sûr, c’est que les conséquences seront lourdes. Surtout que l’attentat a eu lieu à la veille des vacances; du coup, les touristes n’auront pas le temps d’oublier les faits», nous confie un dirigeant d’une agence de voyages. Pour en savoir plus sur ces répercussions et sur les impressions des professionnels, nous avons contacté, à plusieurs reprises, la Confédération nationale du tourisme, mais en vain.

Le touriste interne à la rescousse

En attendant d’y voir plus clair, la saison pourrait relativement être sauvée par le tourisme interne. Encore faut-il qu’il y ait des offres adaptées aux besoins des Marocains et, surtout, qu’elles soient plus compétitives que celles des voisins. Ce qui n’est toutefois pas le cas, puisque les offres destinées à la clientèle locale restent encore trop chères par rapport à celles de l’Espagne, du Portugal ou encore de la Turquie. Cela dit, le tourisme est un secteur très sensible, qui repose non seulement sur le développement d’une offre touristique diversifiée et les investissements touristiques d’un pays, mais également sur la stabilité politique. Par conséquent, et compte tenu de cette conjoncture marquée par les mutations géopolitiques qui déstabilisent la région, les aspi­rations du Maroc à se classer parmi les 20 plus grandes des­tinations mondiales semblent de plus en plus incertaines.

L. Boumahrou

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