Programme d’entrepreneuriat : 2 entreprises sur 4 disparaissent

Programme d’entrepreneuriat : 2 entreprises sur 4 disparaissent

 

Un benchmark international montre que les programmes d’accompagnement seraient beaucoup plus impactants auprès des groupes de travailleurs plus âgés et davantage instruits.

 

 

Pour peu que l’on s’intéresse à l’entrepreneuriat, il est assez aisé de constater que l’accompagnement public et privé devient de plus en plus conséquent au Maroc, même si d’aucuns estiment que des efforts supplémentaires restent à déployer afin de mieux épauler les porteurs de projet.

Dans ce contexte, il est utile de se pencher sur les conclusions internationales en matière d’efficacité des programmes entrepreneuriaux. En effet, ceux-ci auraient un impact plus important sur la création d’emplois indépendants que sur les revenus.

De plus, l'injection de capitaux semble être davantage efficace que la microfinance. L’autre information révélée qui valide l’opinion de la plupart des personnes spécialisées dans le soutien des porteurs de projets à l’échelle nationale, est que la bonne conception des programmes d'entrepreneuriat, de travail autonome et de microentreprises, exige à la fois des financements, un suivi (fréquence élevée de visites de conseil et mise en place d’indicateurs de performance) et une formation.

A cela s’ajoutent entre autres, un mentorat, une assistance technique adéquate, et le développement des liens avec les services existants du secteur privé.

Toutefois, à l’échelle internationale, ce type d’accompagnement ne profite pas à l’ensemble des publics cibles. Il serait beaucoup plus impactant auprès des groupes de travailleurs plus âgés et davantage instruits.

Cela dit, les chiffres sont particulièrement éloquents, puisque pour quatre entreprises nouvellement créées grâce à l’accompagnement précité (crédit, assistance technique, etc.), deux d’entre elles disparaissent au cours de la première année d’existence et une autre aurait été créée sans l’existence du programme.

En conséquence, la pratique, notamment au Chili pour le démarrage et la formation des entreprises en Afrique du Sud montre que le coût est en réalité quatre fois plus élevé que prévu initialement. En somme, ce benchmark international est digne d’intérêt pour le Maroc, car il montre que les résultats des programmes de soutien ne sont pas toujours probants, quels que soient les moyens déployés. ■

 

Paroles de pro : Mohamed Benboubker, co-fondateur de Mobiblanc et vice président de la Commission Afrique Sud-Sud de la CGEM

 

«A mon sens, le fait que deux entreprises sur 4 ayant bénéficié d’un accompagnement adéquat disparaissent au cours de leur première année d’activité n’est pas choquant. Au contraire, je trouve que ce résultat est bon et qu’il faut considérer l’échec comme les Américains. C’est-à-dire une étape sur la route de l’entrepreneuriat. Cependant, le travail doit se faire en amont, notamment en termes de qualification dans l’optique d’accompagner des entrepreneurs dans l’âme et non des assistés. Cela ne veut pas dire que les entrepreneurs dans l’âme ne rencontrent pas l’échec, car parfois, le contexte n’est pas propice. Ceci dit, dans le domaine des TIC, secteur assez pointu, il y a lieu de considérer trois facteurs de succès. Il s’agit de l’impératif de disposer d’une bonne qualité de ressources humaines, la nécessité d’adapter la technologie au marché local qui a ses spécificités et l’intelligence d’avancer à l’aune de l’évolution technologique du pays d’implantation. Mobiblanc qui existe depuis 7 ans, s’inscrit parfaitement dans cette démarche. Elle accompagne ses clients pour une bonne utilisation du mobile en matière de vente, de fidélisation et de recrutement». ■

 

 

 

 

 

 

 

 

M. Diao

 

 

 

 

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