Oléiculture: des récoltes prévisionnelles en hausse de 21%

Oléiculture: des récoltes prévisionnelles en hausse de 21%

Le retard des pluies a différé les récoltes et impacté les prix.

La filière réalise de bonnes performances à l’export.

 

Par C. Jaidani

L’oléiculture est l’une des branches les plus importantes du secteur agricole national. La filière occupe plus d’un million d’hectares, soit 65% des surfaces dédiées à l’arboriculture. En dépit des contraintes climatiques, la saison 2021/2022 s’annonce sous de bons auspices. Selon le département de tutelle, les récoltes prévisionnelles sont estimées à 2,2 millions de tonnes d’olives, soit une hausse de 21% comparativement à la précédente campagne.

Dans le détail, la production de l’huile d’olive devrait atteindre plus de 180.000 tonnes et celles d’olives de table plus de 170.000 tonnes. Cette performance devrait concerner toutes les régions agricoles du Royaume, et plus précisément FèsMeknès et Marrakech-Safi, qui assurent plus de 54% de la production nationale, ou encore Jbala, dont le centre est Taounate qui a une part de 40%. En dépit de cette croissance attendue de la production, les prix des produits sont actuellement en forte hausse.

Pour les olives, ils atteignent plus de 8 DH/ kilo, alors que normalement ils ne dépassaient pas les 3,5 à 4 DH/kilo. Pour l’huile d’olive, elle est négociée au détail à partir de 50 à 60 DH/ litre contre 38 à 42 DH/litre auparavant.

«Cette hausse des prix s’explique par la faible offre des produits, mais qui est provisoire. Il faut s’attendre à une baisse dans les semaines à venir avec l’avancement des récoltes. A cause du retard des pluies, les exploitants ont manifesté une certaine inquiétude. Ils ont différé les récoltes qui commencent généralement à partir du mois d’octobre. Les dernières précipitations ont relancé les opérations, car elles ont un effet sur la qualité de la production et sur la teneur en huile d’olive», explique Hamid Sabri, président d’une association de production d’olives.

Par ailleurs, il faut noter que le Maroc dispose de plusieurs atouts pour développer la filière, notamment son climat tempéré sans excès massifs de chaleur ou de froid dans plusieurs régions du Royaume. Il bénéficie également de coûts de production assez compétitifs, notamment en matière de main-d’œuvre par rapport à ses concurrents de la Méditerranée. Un avantage qui confère beaucoup d’opportunités aux opérateurs locaux en matière d’exportation.

Les objectifs du Plan Maroc Vert ciblaient une production de 2,5 millions de tonnes annuellement. Concernant l’export, une source auprès de Interprolive (fédération représentant le secteur) indique que les volumes devraient s’inscrire dans la moyenne enregistrée ces dernières années, à savoir 88.000 tonnes d’olives de table et 31.000 tonnes pour l’huile d’olive, principalement vers l’Europe et les Etats-Unis. 

 

Prédominance de la variété Picholine locale
Les principales régions de production d’olives sont situées dans toutes les régions agricoles, à l’exception de la zone côtière atlantique. La principale variété produite est la Picholine marocaine, qui concentre 96% des plantations. On retrouve également d’autres variétés, comme celle de Picholine de Languedoc, Manzanille, Picual, Hojiblanca, Arbequine, Ascolana Dura, Frontoio, Gordal, etc. La variété Picholine marocaine est caractérisée par une forte adaptation aux conditions climatiques du pays. Elle assure une double finalité de production d’olives de table et d’huile. Néanmoins, elle présente certains inconvénients, comme une forte sensibilité à certaines maladies et un fort indice d’alternance, accentué par des pratiques inadéquates. La variété présente également une faible teneur en huile, accentuée par un matériel de trituration vétuste.

 

 

 

 

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