Mesures de soutien : Le satisfecit du Comité de veille économique

Mesures de soutien : Le satisfecit du Comité de veille économique

Les mesures d’urgence en faveur des entreprises, des salariés et des ménages ont donné de premiers résultats probants selon le CVE.

Une réflexion sur la stratégie de sortie de crise est engagée.

 

Depuis le début de la crise sanitaire dans le Royaume, plus on avance dans le temps, et plus les prévisions de croissance des principales institutions conjoncturistes se détériorent. En effet, au tout début de la crise, le Centre marocain de conjoncture (CMC) pronostiquait une croissance de 0,8% en 2020. Plus récemment, le haut-commissariat au Plan (HCP) tablait sur une croissance négative de 1,8%. Enfin, en début de semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé qu’il prévoyait une contraction de la croissance nationale de 3,7%.

En réalité, plus la durée de la crise s’allonge, et plus les dégâts sur l’activité économique s’amplifient. Certaines branches d’activités, particulièrement celles qui dépendent de la demande étrangère, ainsi que celles à l’arrêt par décision des pouvoirs publics, ont été lourdement impactées. Parmi les secteurs les plus touchés, on retrouve le tourisme, les activités exportatrices comme les industries automobiles ou aéronautiques, ou encore les services et les commerces.

C’est dans ce contexte économique tendu que le Comité de veille économique (CVE) s’est réuni mardi 14 avril pour la quatrième fois depuis le début de la crise sanitaire. Durant cette réunion, le CVE a examiné le premier bilan des mesures de soutien en faveur des entreprises en difficulté, des salariés affiliés à la CNSS et des chefs de ménages opérant dans le secteur informel, soutenus par le Fonds spécial Covid.

Il ressort des délibérations que l’ensemble des membres du Comité ont pris acte de «l’opérationnalisation réussie de ces mesures, grâce à la forte mobilisation et aux efforts consentis par toutes les parties prenantes».

Il s’agit désormais d’œuvrer à la consolidation des «premiers résultats probants», comme le souligne le CVE dans sa communication post-réunion.

 

De nouvelles mesures

Pour cela, une batterie de nouvelles mesures a été annoncée, que ce soit sur le plan fiscal ou sur le plan administratif. Il s’agit notamment de reporter les délais des déclarations de revenus pour les personnes physiques qui le souhaitent, de fin avril au 30 juin 2020, ou encore d’exonérer de l’impôt sur le revenu tout complément d’indemnité versé au profit des salariés (affiliés à la CNSS) par leurs employeurs, dans la limite de 50% du salaire mensuel net moyen. Une mesure accueillie très favorablement par les patrons.

Sur le plan administratif, le CVE a pris note des mesures d’assouplissement qui visent à éviter aux entreprises titulaires de marchés publics de supporter des pénalités pour des retards d’exécution qui ne leur sont pas imputables.

Sur le plan de la gouvernance des sociétés anonymes, un projet de loi est en cours de mise au point pour introduire les souplesses nécessaires permettant notamment la tenue à distance, en cette période d’état d’urgence sanitaire, des réunions des organes délibérants, particulièrement en ce qui concerne les arrêtés des comptes.

 

 Préparer la sortie de crise

Ces mesures de court-terme apportent certes un peu d’air à un tissu économique asphyxié, mais elles sont loin d’être suffisantes sur le long terme. Le CVE en est parfaitement conscient et commence à réfléchir à la prochaine étape.

En effet, le Comité s’est accordé sur une méthodologie de conduite de la réflexion prospective visant à élaborer des scenarii soutenables pour les deux phases à venir : le redémarrage progressif des différents secteurs d’activité et la relance vigoureuse de l’économie nationale. Les moyens à mobiliser pour chaque scénario seront ainsi dégagés.

 Car ne nous y trompons pas : il faut dès maintenant préparer la sortie de crise, comme l’a suggéré le haut-commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi, dans un entretien avec l’agence de presse espagnole EFE. «Le Maroc devrait commencer à réfléchir à la phase post-crise et à planifier les futurs projets stratégiques qui doivent placer l'environnement et l'Homme au centre des préoccupations», a-t-il notamment expliqué. Durant cette phase cruciale pour l’avenir du Royaume, l’Etat aura un rôle majeur à jouer, en tant que «moteur de développement», un «Etat stratège et mobilisateur de ressources». ◆

 

Par A.E

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