Réunis mardi au complexe Mohammed VI de Salé, les acteurs économiques marocains, espagnols et portugais ont esquissé les contours d’une coopération renforcée autour de la Coupe du monde 2030. Le Mondial se dessine comme un levier structurant pour approfondir les échanges et inscrire l’événement dans une logique de développement durable et partagé.
Par C. Jaidani
Le Forum d’affaires MarocEspagne-Portugal sur la Coupe du monde 2030, organisé mardi au complexe Mohammed VI de Salé, était l’occasion d’échanger sur les moyens d’élargir les relations entre les trois pays et de faire de l’évènement un catalyseur économique majeur.
«Ce forum a pour objectif de promouvoir les opportunités d’affaires conjointes, de partager les meilleures pratiques et les expériences réussies, d'encourager l’innovation et de maximiser l’impact à long terme des investissements liés à la Coupe du monde 2030.
Cet événement réunit des entreprises marocaines, espagnoles et portugaises opérant dans des secteurs liés à l’organisation de grands événements sportifs internationaux, notamment les infrastructures, la mobilité, le tourisme, l’hôtellerie, l’innovation, les services digitaux et la logistique», a souligné Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et ministre délégué chargé du Budget.
Et de poursuivre que «cette Coupe du monde sera, à bien des égards, exceptionnelle par sa portée historique d'abord, puisqu’elle marquera le centenaire de la première édition, organisée en Uruguay en 1930. L’événement est également exceptionnel par sa géographie. Pour la première fois, deux continents - l'Afrique et l'Europe - s'associent pour accueillir la compétition planétaire». Dans son intervention, Chakib Alj, président de la CGEM, a mis en exergue «l’organisation réussie de la CAN 2025 qui a généré 2 milliards d’euros de retombées économiques directes». Chiffres à l’appui, il a détaillé les réalisations.
«Près d’un milliard d’euros ont été mobilisés dans les infrastructures. L’écosystème engendré par l’événement a nécessité l’implication de 3.000 entreprises marocaines. L’ensemble des projets concrétisés en deux ans correspond au rythme normal d’un programme d’une décennie», a-t-il précisé.
Le patron de la CGEM a mis l’accent sur le rôle important que joue le partenariat public-privé, soulignant notamment que «lorsque l'ambition est claire, la coordination efficace entre les différents intervenants et l'exécution collective, les grands événements sportifs peuvent devenir de puissants catalyseurs de développement économique et social. La CAN n'était qu'une étape. Le Mondial 2030, lui, promet de démultiplier ces effets».
Alj a axé son allocution sur les projets structurants que le Maroc ambitionne de lancer dans la perspective de la Coupe du monde 20230. Il a cité à ce sujet le doublement de la capacité de six aéroports majeurs, l’extension du réseau autoroutier de près de 30%, la mise en service de la Ligne à grande vitesse (LGV) reliant Kénitra à Marrakech, le déploiement de réseaux express régionaux (RER) dans les grandes métropoles. Sans oublier les ports stratégiques de Nador West Med et Dakhla Atlantique, qui consolideront la puissance logistique du Royaume.
Dans son intervention, Antonio Garamendi, président de la Confédération espagnole des organisations entrepreneuriales (CEOE), a noté que «nous ne devons pas considérer la Coupe du monde 2030 uniquement comme un grand événement sportif international, mais comme une véritable plateforme d'investissement et de croissance».
Evoquant les estimations de la FIFA, il a avancé que «la Coupe du monde 2030 devrait engranger 5 milliards d’euros de revenus directs pour l’économie nationale, permettant d’orienter les investissements vers des secteurs stratégiques comme les télécoms, les infrastructures, le transport, le tourisme, la culture, l’emploi ainsi que l’innovation».
Garamendi a rappelé les retombées bénéfiques générées par la Coupe du monde 1982 et les Jeux olympiques de 1992 sur l’Espagne. Elles ont permis de moderniser le pays et de donner un véritable élan à son développement.