Flambée des prix: quelles marges de manœuvre pour le groupe parlementaire d’enquête ?

Flambée des prix: quelles marges de manœuvre pour le groupe parlementaire d’enquête ?

Il ne dispose ni des moyens ni du temps nécessaire pour mener à bien sa mission.

Emanant de l’opposition, ses conclusions risquent d’être marginalisées par les partis formant le gouvernement.

 

Par C. J

Les prix à la consommation ont connu une augmentation record. Cette flambée est due à la hausse des prix des matières premières, dont une grande partie est importée. Face à cette situation, plusieurs voix se sont élevées pour demander l’intervention urgente de l’Etat pour stabiliser les prix et venir en aide à la population défavorisée. Des députés ont ainsi créé un groupe de travail pour enquêter, et ce conformément à l’article 119 du règlement intérieur de la Chambre des représentants.

Pilotée par Driss Sentissi, président du groupe parlementaire du Mouvement populaire à la Chambre des représentants, cette entité devrait rencontrer tous les acteurs concernés par le sujet, notamment les départements de l’Intérieur, de l’Industrie et du Commerce, le Transport, l’Énergie et l’Agriculture ainsi que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et celui de la concurrence.

«En concertation avec le président de la Chambre des représentants, notre groupe a été créé à l’initiative des partis de l’opposition. La durée de sa mission est de trois mois, qui peut être renouvelable. Son objectif est d’analyser l’état des lieux du marché marocain et toute la chaîne de valeur, que ce soit pour les produits importés ou pour la production locale. Le but est de comprendre les raisons de la hausse des prix à la consommation et de proposer éventuellement des recommandations pour y remédier», explique Sentissi.

Reprenant les conclusions du CESE sur la hausse des prix, Sentissi a affirmé que «la flambée est due en grande partie à la présence, à plusieurs niveaux, de différents intermédiaires qui plombent fortement les prix, surtout pour les produits agricoles». La différence entre les prix départ ferme et ceux appliqués à la consommation peuvent être multipliés parfois par 4, voire 5. Il faut rappeler que les commissions d’enquête font partie intégrante du travail parlementaire et jouent un rôle important en matière de contrôle du gouvernement. Mais certains acteurs ou observateurs sont sceptiques par rapport à la mission de ce groupe, estimant que ses marges de manœuvre seront limitées.

«Ce groupe a été créé par les partis de l’opposition. Une fois ses conclusions prêtes, elles seront présentées au bureau de la Chambre des représentants qui est composé essentiellement de députés de la majorité. Il peut décider ou non si le rapport peut être soumis en plénière pour discussion. Une fois en plénière, les partis formant le gouvernement disposent d’une majorité confortable leur permettant de rejeter le document ou de n’adopter qu’une partie pour la soumettre à l’exécutif», affirme le politologue Mohamed Belmir.

Evoquant des contraintes techniques et structurelles, Bouaâzza Kherrati, président de la Fédération des associations de protection des consommateurs, a souligné que «ce groupe parlementaire n’a ni les moyens ni le temps pour mener à bien les objectifs escomptés. La flambée des prix au Maroc a pour origine des facteurs structurels qui existaient avant la pandémie, auxquels se sont ajoutés la guerre en Ukraine et d’autres facteurs conjoncturels». 

 

 

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