Filière équine: en plein essor, l’activité se fixe de nouvelles ambitions

Filière équine: en plein essor, l’activité se fixe de nouvelles ambitions

Le secteur veut développer tout un écosystème autour du cheval.

La 13ème édition du Salon du cheval d’El Jadida est l’occasion de faire le point sur les atouts et les contraintes du secteur.

 

Par C. Jaidani

Le cheval occupe une place particulière auprès des Marocains. Les races Barbe et Arabe Barbe font partie intégrante du patrimoine national. Le Maroc est l’un des rares pays qui a su préserver ses pratiques équestres ancestrales. En dépit de la sécheresse et l’affaiblissement du pouvoir d’achat des paysans au cours de l’actuelle saison, l’engouement suscité pour les moussems et les spectacles de fantasia témoignent de cet attachement pour cet animal noble.

Après une interruption de deux ans à cause de la pandémie, le Salon d’El Jadida revient en force cette année. Organisée du 18 au 23 octobre, la 13ème édition est riche et variée. Elle est une occasion pour réaffirmer la place du cheval et promouvoir la filière équine nationale. Le Salon connaît la participation de 100 exposants de différentes nationalités et la présence de 1.000 chevaux et des centaines de cavaliers. Cet événement est également un rendez-vous pour échanger autour des atouts et des contraintes du secteur.

Il faut rappeler que grâce aux subventions allouées par l’Etat, la filière équine a gagné de nouveaux galons en développant tout un écosystème regroupant plusieurs activités et différents corps de métiers. Sans ce programme de soutien, le secteur aurait connu une véritable chute. En effet, sous l’effet de la sécheresse, la flambée des prix des intrants et diverses entraves, de nombreux éleveurs auraient abandonné la filière pour s’adonner à d’autres activités moins plus faciles à gérer.

Selon les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture, la filière emploie près de 7.500 personnes et assure une valeur ajoutée de plus de 6 milliards de DH. Toutefois, force est de reconnaitre qu’elle dispose de potentialités importantes qui restent à saisir pour devenir un levier de croissance économique et social et valoriser de façon durable le rôle participatif du cheval dans l’économie nationale. Cela passe nécessairement par la promotion de certaines races.

Il s’agit aussi d’agir quantitativement et qualitativement sur le cheptel équin. Le contrat-programme signé entre le gouvernement et les professionnels du secteur trace de nouveaux horizons avec des axes majeurs clairement identifiés. Il s’agit d‘abord de celui des ports équestres (courses et tbourida). L’ambition est aussi de développer de nouvelles activités présentant un certain potentiel, à l’instar notamment des randonnées équestres. Pour développer l’écosystème autour du cheval, il est primordial de multiplier les événements équestres et de susciter l’intérêt chez le grand public. Cela permettra d’étendre le marché et de donner une nouvelle impulsion à la filière en drainant des sponsors et des fonds. 

 

Trois activités distinctes
La filière équine englobe trois activités distinctes. Il y a d’abord l’élevage de races nobles destinées aux sports équestres et courses hippiques. L’exploitation se fait selon les meilleurs standards reconnus à l’international (insémination artificielle, suivi vétérinaire, entretien et alimentation de haute valeur, entraînement et dressage de pointe). Ensuite, on trouve l’élevage traditionnel qui est divisé en deux entités. La première est dédiée aux chevaux de fantasia et l’autre aux chevaux d’abattage. La troisième activité est tournée vers les métiers annexes comme la fabrication de selliers, de fusils traditionnels ou encore de costumes, sans oublier les autres créneaux qui ont un lien avec le secteur, notamment l’aliment de bétail ou les produits vétérinaires.

 

 

 

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