Couverture sociale: le 1er décembre, jour de «big bang» pour la CNSS

Couverture sociale: le 1er décembre, jour de «big bang» pour la CNSS

Le nombre de bénéficiaires de l'AMO passera de 8 à 29 millions ce 1er décembre lors d'une journée historique pour la réforme de la couverture sociale au Maroc.

 

Par A. Hlimi

Nous mettions sous presse le 30 novembre à 24 heures d'une journée historique pour la couverture sociale au Maroc. Car, dès ce 1er décembre, toute la population des ramedistes va basculer dans l'Assurance maladie obligatoire (AMO) dans le parfait respect de l'agenda édicté pour ce chantier royal. Ainsi, dès le 1er décembre, ce seront près de 29 millions de personnes qui bénéficieront de l'Assurance maladie obligatoire.

Pour la CNSS, cœur battant de cette réforme, il s'agira de changer de taille tout en devenant plus performant pour accompagner au mieux ce chantier. La caisse, qui traite actuellement quelque 25.000 dossiers par jour, devra en traiter 80.000 et, pour y arriver, il ne s'agit pas de recruter à tour de bras, mais de digitaliser et sécuriser au maximum les processus.

Défis opérationnels Réda Benamar, directeur à la CNSS, explique quelques-uns des défis auxquels a fait face la Caisse pour en arriver là : «Il fallait tout d'abord enrôler et immatriculer ces nouvelles populations, s'assurer que le service sera de qualité et garantir un bon niveau de contrôle et de recouvrement des cotisations». A elle seule, la gestion des dossiers maladie a demandé une importante organisation pour gérer ce flux impressionnant. A titre d'exemple, rien que pour le traitement des équipes de l'AMO, la CNSS a procédé à la création d'un centre des opérations backoffice, avec 134 nouveaux postés créés sur un potentiel de 900.

 

Recrutement des Ramedistes : Comment ça se passe ?

Le basculement de la base de données des Ramedistes vers l'AMO aura donc lieu ce 1er décembre. Il sera notifié par SMS aux bénéficiaires leur immatriculation et sera mis à leur disposition un certificat d'immatriculation via les différents canaux de communication de la CNSS, que ce soit à travers les agences, les partenaires de proximité (sociétés de transfert essentiellement) ou encore le portail web de la CNSS. «Rien que pour récupérer et fiabiliser les SMS des bénéficiaires, un travail important a été réalisé avec les partenaires», confie Benamar, qui indique que les équipes de la CNSS travaillent jour et nuit pour assurer la bascule dans les meilleures conditions. En plus de ce stock de données, la CNSS devra gérer un flux qui sera traité au fur et à mesure. Il s'agit essentiellement des nouveaux événements impactant le stock (sorties de régime, décès, nouvelles naissances, etc.) ainsi que les nouveaux assurés.

 

Une révolution digitale

Benamar indique qu'une nouvelle feuille de route digitale sera lancée et mise en œuvre rapidement. L'idée est de dématérialiser totalement le processus de l'AMO en reliant l'assurance au patient et au médecin ou organisme traitant, via un canal digital facilitant la prise en charge et optimisant ses délais. Car, pour Réda Benamar, qui intervenait lors d'une rencontre organisée par la Chambre suisse, il ne faut pas sacrifier les délais de traitement. Bien au contraire, il faut les raccourcir.

 

 

Une réforme historique
De l’instauration de l’AMO en 2005 à sa généralisation en 2022, le Maroc a franchi des étapes importantes dans la protection sociale, en étant une référence pour le reste du continent. Et la réforme ne s’arrête pas là. Puisque ce chantier inédit vise également la généralisation des allocations familiales durant les années 2023 et 2024, en permettant aux ménages qui n’en bénéficient pas de toucher des indemnités couvrant les risques liés à l’enfance ou des indemnités forfaitaires. Il s’agit aussi de l’élargissement, en 2025, de l’assiette des adhérents aux régimes de retraite pour inclure les personnes qui exercent un emploi et ne bénéficient d’aucune pension, à travers la mise en application du système des retraites propre aux catégories des professionnels et travailleurs indépendants et personnes non-salariées qui exercent une activité libérale, afin d’englober toutes les catégories concernées. Enfin, et pour boucler la boucle, Il sera également question de la généralisation en 2025 de l’indemnité pour perte d’emploi en vue de couvrir toute personne exerçant un emploi stable, à travers la simplification des conditions pour bénéficier de cette indemnité et l’élargissement de l’assiette des bénéficiaires.

 

 

 

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