Campagne agricole: des pluies abondantes, mais aussi des sinistres

Campagne agricole: des pluies abondantes, mais aussi  des sinistres

La campagne agricole 2025-2026 s’annonce sous de meilleurs auspices. Des précipitations supérieures à la normale ont favorisé l’extension des emblavements, soutenu l’élevage et permis une nette amélioration des réserves hydriques.

Les sinistrés des inondations du Gharb qui bénéficient d’une assurance multirisque climatique (MRC) pourraient être indemnisés. 

 

Par C.J

C'est une saison agricole exceptionnelle qui se dessine. Après sept années consécutives de sécheresse, les précipitations ont fait un retour marqué lors de l’actuelle saison agricole.

Entamées dès octobre 2025, elles se poursuivent jusqu’à présent et dépassent, dans plusieurs régions, les moyennes habituelles, provoquant par endroits des inondations.

Ces apports pluviométriques ont permis un bon démarrage de la campagne et encouragé les agriculteurs à intensifier les emblavements. La superficie actuellement cultivée dépasse ainsi 4,3 millions d’hectares et, avec les semis tardifs et le lancement imminent des cultures printanières, elle devrait franchir le seuil des 5 millions d’hectares.

Dans le monde rural, c’est un vent d’optimisme qui souffle. Les fellahs espèrent des récoltes abondantes susceptibles de compenser les pertes accumulées au cours des années difficiles. Cette situation profite tout particulièrement aux éleveurs.

Le retour de pâturages naturels riches a considérablement réduit leurs dépenses en aliments de bétail, soulageant ainsi leur trésorerie. «Une alimentation naturelle est recommandée car elle est saine et bénéfique. Elle fournit les éléments nécessaires à la croissance, au maintien de la bonne santé du cheptel et à son renouvellement dans de bonnes conditions», explique Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome.

Evoquant le déroulement global de la campagne, ce dernier estime que «la saison se présente sous des auspices favorables dans l’ensemble des régions agricoles du Royaume, toutes ayant bénéficié d’apports en eau supérieurs à la normale».

Il nuance toutefois ce constat pour la région du Gharb, où la situation demeure délicate, notamment pour les exploitations de cultures sous serre. «Les vents violents et la montée des eaux dans la plaine du bassin du Loukkos ont causé d’importants dégâts. Plusieurs cultures ont été endommagées, en particulier les fruits rouges, les primeurs, la betterave, l’avocat et d’autres fruits et légumes.

A ce stade, l’ampleur exacte des pertes n’est pas encore connue, mais le ministère de l’Agriculture devrait communiquer prochainement des chiffres officiels», précise-t-il. S’agissant de l’indemnisation des agriculteurs touchés, Guennouni rappelle que «les exploitants ayant souscrit une assurance multirisque climatique seront indemnisés conformément aux procédures en vigueur».

Des réserves hydriques en forte hausse Par ailleurs, les intempéries ont eu un effet très positif sur le niveau de remplissage des barrages. Au 9 février 2026, les réserves en eau avoisinent les 11 milliards de mètres cubes, portant le taux de remplissage national à près de 66%.

Ce niveau devrait encore progresser dans les prochaines semaines, selon les prévisions de la Météorologie nationale, qui annonce de nouveaux épisodes pluvieux sur l’ensemble du territoire. La fonte des neiges, appelée à s’intensifier avec la hausse des températures, contribuera également à l’augmentation des débits des cours d’eau.

Le bassin du Loukkos, à l’origine des inondations dans le Gharb, affiche près de 1,7 milliard de mètres cubes de réserves, soit un taux de remplissage avoisinant 90%. Celui du Sebou totalise 4,76 milliards de mètres cubes, correspondant à 85,5% de sa capacité.

Le Bouregreg dépasse le milliard de mètres cubes, avec un taux de remplissage supérieur à 92%. Dans le bassin du Tensift, les réserves sont estimées à 187 millions de mètres cubes, soit près de 82,2%.

Le Souss enregistre 394 millions de mètres cubes, pour un taux de remplissage de l’ordre de 54%. Le bassin de l’Oum Rabii, toujours en situation de déficit hydrique marqué, cumule 1,93 milliard de mètres cubes, soit 39% de remplissage.

Enfin, le bassin de Draâ-Oued Noun dispose d’environ 343 millions de mètres cubes, représentant un taux proche de 33%.

 

 

 

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