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Economie

Aéronautique: «Grâce à la vision royale, nous avons construit, brique par brique, un secteur leader»

Aéronautique: «Grâce à la vision royale, nous avons construit, brique par brique, un secteur leader»
Jeudi 18 Mars 2021 - Par admin

Le Royaume est devenu un acteur incontournable de l’aéronautique au niveau mondial.

Il devra toutefois faire face aux nouveaux enjeux environnementaux et numériques.

 

Par B. Chaou

 

La crise sanitaire a fortement impacté l’ensemble de la chaîne des valeurs du secteur de l’aéronautique, causant la fermeture de plusieurs usines dans le monde et le licenciement de milliers d’employés. Aujourd’hui, l’objectif est trouver des solutions de sortie crise. Dans ce cadre, au Maroc, plusieurs chantiers sont en cours de déploiement afin de préserver les acquis des 20 dernières années du secteur et lui permettre d’avoir un pied dans la nouvelle chaîne des valeurs mondiales.

L’adoption d’une nouvelle stratégie intitulée «Aéronautique 4.0» reposant sur de nouveaux enjeux tant environnementaux que numériques, s’inscrit dans ce sens. Traitant de ces différents enjeux, le «Rendez-vous de l’industrie aéronautique», une rencontre-débat organisée par le ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, a aussi été l’occasion de faire le point sur l’importance économique et sociale de l’industrie aéronautique au Maroc, ainsi que les avancées du Royaume dans ce domaine et les perspectives de développement.

Cet événement, organisé en ligne mardi 16 mars, a connu la participation du ministre de tutelle, Moulay Hafid Elalamy, du président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas), Karim Cheikh, du Directeur général de Safran, Olivier Andries, ainsi que d’autres grands acteurs de l’industrie aéronautique au Maroc et dans le monde.

Pour Moulay Hafid Elalamy, «la vision royale a donné ses fruits au fil du temps. Lorsque personne ne croyait en la capacité du Royaume à devenir un acteur dans le secteur de l’aéronautique, les opérateurs se sont acharnés à le faire évoluer. Brique par brique, nous avons construit un secteur leader. Le fait d’être un acteur dans ce domaine est déjà un privilège, et aujourd’hui le Maroc joue dans la cour des grands de l’industrie aéronautique».

Le ministre s’est également arrêté sur la résilience montrée par le secteur durant cette crise, ainsi que sur ses perspectives qui, selon lui, sont de bon augure. «Nous avons encaissé le coup et amorti le choc de la crise. Nous avions avant la crise 142 entreprises qui opéraient dans le secteur, et nous les avons toujours. Au niveau de l’emploi, nous avons perdu près de 10%, au moment où la moyenne internationale a atteint 43%. S’agissant de l’export, nous avons marqué une baisse de 20% en 2020, tandis qu’au niveau mondial, elle a marqué un affaissement de plus de 50%».

« Maintenant, les perspectives sont intéressantes. Nous avons avancé sur l’extension de certaines usines malgré la crise, et nous sommes en contact avec plusieurs opérateurs internationaux qui regardent de très près le Maroc. L’industrie aéronautique marocaine est en mesure de sortir de cette crise encore plus forte qu’elle en est entrée. Nous passons par une période difficile, mais nous voyons le bout du tunnel», a-t-il fait remarquer.

De son côté, Karim Cheikh a rappelé l’importance du partenariat public-privé dans la réussite de ce secteur. «La vision partagée entre le ministère de l’Industrie et les entreprises du secteur a permis de rentrer rapidement dans la chaîne des valeurs internationales. Le fil d’Ariane est bien évidemment le Plan d’accélération industrielle, car il vient d’un travail de fond, qui a donné ses fruits et a pu permettre une bonne structuration de l’écosystème aéronautique du Maroc. Cela donne naissance à un environnement propice à l’investissement», explique-t-il.

Satisfecit des constructeurs internationaux

Pour leur part, les constructeurs internationaux présents au Maroc ont montré leur satisfaction quant à la coopération avec les autorités marocaines dans le développement de leurs activités.   Pour Stan Deal, vice-président exécutif de Boeing, président et Directeur général à Boeing Commercial Airplanes (BCA),  «chez Boeing, nous sommes fiers de notre partenariat avec le Maroc via notre filiale Matis Aerospace. Fort de notre engagement envers le secteur au Maroc, nous avons conclu un mémorandum d’accord en 2016 et nous avons, depuis, créé 11 entreprises en faveur du secteur.  Nous pensons qu’ensemble nous pouvons relever les défis de l’aviation mondiale dans les prochaines années, et nous comptons bâtir un avenir encore plus solide. Au regard de notre expérience au Maroc, je dirais que le soutien du Roi et son engagement expliquent en grande partie le développement de l’aéronautique marocaine».

De son côté, Olivier Andries a indiqué que «nous sommes satisfaits de collaborer à la réussite du secteur au Maroc. Nous sommes fiers d’y employer 3.300 collaborateurs à travers les huit sites où nous sommes implantés. Nous continuerons à accompagner la montée en gamme de l’industrie marocaine et à contribuer fortement à la formation, entre autres via l’IMA, que nous avons contribué à créer».

D’autres acteurs internationaux ont également confirmé le bon environnement dont bénéficie le secteur, dont Mikail Houari, président pour l'Afrique et le Moyen-Orient de Airbus. «Nous sommes fiers de nos relations avec le Maroc, qui continuera d’être un acteur incontournable dans le développement de l’industrie dans la région. Le pays construit des outils pour tous nos produits; il y a en effet du made in Morocco dans tous nos avions. Via notre filiale Stelia Aerospace, Il est certain que nous continuerons à contribuer au développement de ce secteur au Maroc, qui a un avenir prospère devant lui», a-t-il indiqué.

Plusieurs autres thématiques ont été débattues lors de cette rencontre, comme la capacité du Maroc à relever les nouveaux enjeux industriels, la course technologique dans le secteur, ou encore les défis de la logistique et du transport vers l’Europe des équipements construits sur le sol marocain.

 

 

 

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