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Un jour, une œuvre : Drissi, un génie mélancolique

Un jour, une œuvre : Drissi, un génie mélancolique

Le monde est un théâtre qu’il faut visiter par les coulisses. Mieux, il s’agit de regarder la comédie humaine par en dessus, entre le décor et les combles : par les cintres.

Pour Phillipe Manoury, l’œuvre d’art peut mettre en évidence des choses qu’aucun sociologue ou qu’aucun homme politique ne voit.

Ainsi, Mohamed Drissi s’échappe immanquablement aussitôt qu’on le fige dans un style, irréductible aux étiquettes.

On est fondé à situer cette œuvre dans une ligne expressive entre cubisme fantastique et expressionnisme pétillant. Ce faisant, on ne percera certes pas le secret de cette peinture déviante, énigmatique sous des dehors transparents, sobre bien qu’exubérante.

Son thème de prédilection, le plus ensorcelant : les personnages. Ces toiles métamorphosent le banal en un théâtre de figures obscures où l’on est progressivement saisi d’un sentiment d’irréalité.

Les êtres humains, dont nous distinguons nettement le visage, sont traités de manière chimérique : les personnages sont saisis dans une posture grotesque, les visages sont effrayants, les corps féminins sont vidés de leur sensualité…

Bref, un univers cauchemardesque, horrible, dantesque. La juste métaphore du monde dans lequel nous vivons. La convulsive expression de l’anxiété qui étreint ce peintre obsédé de métaphysique.

 

Par R.K.H

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