Culture & Société

Tous les articles

Un jour, une œuvre : Dans la peau de Hamouda

Un jour, une œuvre : Dans la peau de Hamouda

Saad Mouaffak prend, dans la série «Yacout et Aanbar», un malin plaisir à nous faire pleurer, à travers son personnage : Hamouda.

De toutes les scènes ultra affectantes de la série, on ne va pas se mentir, la raison première pour laquelle on larmoie devant, c'est Hamouda fils de Aïcha. Bravo à Hasna Tamtaoui qui campe le rôle de cette mère courageuse pas épargnée par la fatalité et qui élève seule ses enfants…

Hamouda, avec son côté agressif, déjanté, toxicomane, a su nous émouvoir en nous montrant une autre facette de la jeunesse marocaine. Sa situation familiale ne laisse pas insensible, ainsi que ce constant sentiment d’infériorité qu’il éprouve, en son for intérieur, à l’égard de tous les autres personnages, mais qu’il dissimule très bien, en faisant surgir un Hamouda totalement dépressif.

Hamouda cache derrière une apparente extrême violence, une réelle vulnérabilité. Si au départ on est intrigué par ce jeune homme dépressif, drogué, toxicomane, on découvre peu à peu qu’il n’a pas une vie de toute rose et qu’il est loin d’avoir confiance en lui.

Violé alors enfant, livré à lui-même, précarité et pauvreté…Inutile de lister ici toutes les horreurs qu’il a subies et qui bouleversent le téléspectateur. Entre son viol, ses disputes avec sa mère, ses moments de doute ou toutes les tragédies qu'il rencontre au cours de la série, autant dire qu’il est difficile de ne pas verser une larme.

D’ailleurs, il est loin d’être le seul à nous faire chavirer dans «Yacout et Aanbar», mais ce sont plutôt tous les acteurs et toutes les actrices. On ne compte plus les fois où on a partagé leurs peines comme si elles étaient les nôtres. Tragédie après tragédie, nous suivons avec attention les pérégrinations des personnages, le tout porté par un jeu d'acteurs de haut niveau. Réaliser des séries de qualité au Maroc, hormis les bêtises scénarisées auxquelles nous avons généralement droit, est possible.

 

*«Yacout et Aanbar» sur Al Aoula, à 20h25, pendant tout le mois de Ramadan 2020. Une réalisation de Mohamed Nesrate, avec la participation de : Fatima Zahra Qanbouâ, hind benjbara, Foulane El Mehdi, Sandia Aboutajedyne, Houda Sedki, khadija zarwal, Hasna Tamtaoui, Saad Mouaffak, Rabii Skalli, Aziz Hattab, Ahlam Charaf Eddine, khalid nokry, Rida Hanane, khadija bayadi.

Articles qui pourraient vous intéresser

Dimanche 18 Fevrier 2024

Parution : «Choses vues derrière un écran de fumée»

Vendredi 26 Janvier 2024

Mohamed Abouelouakar: notes philosophiques

Lundi 15 Janvier 2024

Rétrospective: quel bilan en 2023 ?

Mercredi 27 Decembre 2023

Les lauréats de la 2ème édition du Prix national des arts plastiques

L’Actu en continu

Hors-séries & Spéciaux