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Guerre en Iran : Comment les Marocains du Golfe s’adaptent à la situation

Guerre en Iran : Comment les Marocains du Golfe s’adaptent à la situation

La crise régionale liée aux tensions autour de l’Iran est suivie de près par les Marocains installés dans les pays du Golfe. Entre retours temporaires au pays et attente d’une désescalade, la communauté s’adapte à une situation encore incertaine.

 

K.A

Les tensions autour de l’Iran ont ravivé ces derniers jours les inquiétudes dans plusieurs pays du Golfe. Sans provoquer de véritable rupture dans le quotidien, l’escalade militaire est suivie avec attention par les expatriés installés dans la région, dont de nombreux Marocains. Entre prudence, incertitude et perturbations ponctuelles du trafic aérien, chacun tente de s’adapter à une situation qui évolue rapidement.

Dans le Golfe, la présence marocaine est significative. Selon différentes estimations, plus de 220.000 Marocains vivent dans les pays de la région, avec une forte concentration aux Émirats arabes unis, notamment à Dubaï. Cette communauté s’est progressivement développée au fil des années dans des secteurs variés, allant du tourisme et du commerce à l’ingénierie, la finance ou encore l’événementiel.

Sur place, la vie quotidienne n’a pas été profondément bouleversée. À Dubaï, les centres commerciaux, les hôtels et les quartiers d’affaires continuent de fonctionner normalement. Pourtant, derrière cette apparente normalité, les discussions se concentrent largement sur l’évolution de la situation régionale et ses possibles conséquences.

Pour certains expatriés, la prudence a rapidement pris le dessus. Taha, cadre dans une entreprise de logistique installée à Abou Dhabi, a décidé de rentrer temporairement au Maroc après plusieurs années passées dans le Golfe. « La situation était calme autour de nous, mais l’incertitude devenait pesante. Quand j’ai vu que certains vols commençaient à être réorganisés, j’ai préféré rentrer quelques jours et attendre que la situation se clarifie », explique-t-il. Son retour s’est finalement déroulé sans difficulté, même s’il souligne que les prix des billets ont fortement augmenté en peu de temps.

D’autres Marocains ont fait un choix différent. À Dubaï, Yassine, consultant en marketing digital, affirme ne pas envisager de départ pour l’instant. « Honnêtement, la ville fonctionne normalement. Les bureaux sont ouverts, les restaurants aussi. On suit évidemment l’actualité, mais il n’y a pas de sentiment de panique. Beaucoup pensent que cette phase de tension pourrait se calmer assez vite », confie-t-il.

Dans d’autres pays de la région, le climat est toutefois marqué par davantage de vigilance. En Arabie Saoudite, certaines entreprises ont commencé à rappeler à leurs employés étrangers les consignes de sécurité habituelles et à recommander de limiter les déplacements non essentiels. Pour l’instant, il s’agit surtout de mesures de précaution.

Karim, ingénieur basé à Riyad, explique que les discussions se sont multipliées dans son entreprise depuis le début de la crise. « Les responsables nous demandent simplement de rester attentifs et de suivre les informations officielles. Pour le moment, tout fonctionne normalement, mais chacun garde un œil sur ce qui se passe dans la région », indique-t-il.

Au-delà des considérations sécuritaires, ce sont surtout les déplacements qui ont été les plus impactés. Dans les jours qui ont suivi la montée des tensions, plusieurs compagnies aériennes ont annoncé des ajustements de trajectoires ou des modifications de programme afin d’éviter certaines zones jugées sensibles. Selon les données du secteur aérien, des centaines de vols ont été réorganisés dans la région en raison de ces ajustements temporaires.

Cette situation a également entraîné une hausse rapide du prix des billets vers plusieurs destinations, dont le Maroc. Dans les groupes de discussion de la communauté marocaine installée dans le Golfe, les messages se sont multipliés pour partager les informations sur les vols disponibles et les éventuelles modifications d’itinéraires.

Malgré ces incertitudes, la plupart des expatriés interrogés restent prudents dans leurs analyses. Beaucoup estiment que cette période de tension pourrait rester limitée dans le temps et que la situation pourrait évoluer rapidement dans les prochains jours.

Dans les rues de Dubaï comme dans les bureaux de Riyad, le quotidien se poursuit entre vigilance et normalité. Les Marocains installés dans la région continuent de travailler, tout en suivant attentivement les développements géopolitiques. 

 

 

 

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