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Narsa: les critères d’obtention du permis de conduire se durcissent

Narsa: les critères d’obtention du permis de conduire se durcissent

Les autorités compétentes ont renforcé les dispositifs visant une amélioration de la sécurité routière dans le pays.

 

Par D. M.

Selon les données de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), on compte en 2023 un total de 85.475 accidents de la circulation en milieu urbain, contre 80.091 en 2022, soit une augmentation de 7%. Ces accidents ont entraîné une augmentation du nombre total de victimes, passant de 834 décès en 2022 à 993 en 2023, ainsi que 4.413 blessés graves et 111.478 blessés légers.

Dans son ambition de renforcer la sécurité routière et d'améliorer les normes de conduite, l’Agence nationale de sécurité routière (Narsa) a récemment annoncé de nouvelles mesures pour l'obtention du permis de conduire. Ces mesures, qui entreront en vigueur dans les prochains mois, visent à garantir une meilleure formation des conducteurs marocains. «Ces mesures sont les bienvenues, car se retrouver avec 5.000 cas sinistrés par mois dus à des accidents de circulation, c’est inquiétant.

Les mesures doivent être durcies pour être sûr d’accorder des permis aux personnes conscientes des risques qu’il y a sur la route», dixit Abdellatif Hifdi, président de la Fédération des transports. Parmi les principales modifications, on trouve la mise à jour du système d’examen pour l’obtention du permis de conduire. En effet, à partir du 18 mars courant, la banque de questions passera de 600 à 1.000 questions pour permettre d’introduire des volets relatifs aux changements récents apportés au Code de la route, selon l’Agence.

Les auto-écoles sont appelées à gérer la phase de transition pour réussir le passage entre l’ancien et le nouveau système. Parallèlement à cela, le processus d'examen lui-même subira des ajustements significatifs. Les examens théoriques et pratiques seront revus pour refléter les dernières normes de conduite et pour évaluer plus efficacement les capacités des conducteurs potentiels. Des tests plus rigoureux seront mis en place pour évaluer la compréhension des règles de la route, la gestion des situations d'urgence et la réaction aux dangers potentiels. En outre, des mesures seront prises pour lutter contre la fraude et l'obtention frauduleuse du permis de conduire, ce qui renforcera la crédibilité du système dans son ensemble.

«Augmenter les heures d’apprentissage et le nombre de questions pendant les examens c’est bien, mais il faut que le suivi se fasse aussi en externe, c’est-à-dire sur les routes. Les mesures prises pour l’instant se résument en interne, au sein des auto-écoles. Il est important de faire un suivi rigoureux des conducteurs face au respect du code de la route et agir conséquemment lors des diverses infractions de la route. Et que toutes les parties prenantes travaillent à l’éradication des actes déviants susceptibles de couvrir ces fautes et, par conséquent, mettre les citoyens en danger», affirme le président de la FDT. Le nouveau dispositif, bien que salutaire, suscite un débat animé parmi les acteurs du secteur. Certains expriment des préoccupations quant à l'impact et à la mise en œuvre de ces mesures. Les auto-écoles et les instructeurs de conduite ont été parmi les premiers à réagir.

«Nous reconnaissons la nécessité d'une formation plus approfondie pour les conducteurs. Cependant, la charge de travail sera accrue avec la formation prolongée. Aussi, nous ne comptons pas beaucoup d’instructeurs avec un niveau Licence en formation. Mettre nos formateurs à niveau conduira à des coûts supplémentaires. Nous craignons que ces nouvelles mesures dissuadent certains candidats potentiels», s’inquiète le responsable d’une auto-école de la place qui a requis l’anonymat.

Du côté des candidats au permis de conduire, les réactions sont mitigées. Alors que certains saluent les nouvelles mesures comme une opportunité d'acquérir des compétences de conduite plus solides, d'autres craignent que les exigences accrues ne rendent le processus d'obtention du permis plus difficile et coûteux. Malgré les préoccupations exprimées, le gouvernement, par le biais de la Narsa, reste déterminé à poursuivre la mise en œuvre des nouvelles mesures en vue de réduire le nombre d'accidents. Signalons que d’autres opérations sont mises en place à travers le pays par la Narsa, à l’instar du lancement dans la région Fès-Meknès du premier radar mobile et embarqué sur un véhicule, appelé «Radar embarqué». Celui-ci aura pour utilité de renforcer les contrôles de vitesse, aussi bien dans le milieu urbain que rural. 

 

 

 

 

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