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Football : Pourquoi ça brasse autant d’argent ? Dossiers d'actualité

Football : Pourquoi ça brasse autant d’argent ? Dossiers d'actualité
Mercredi 07 Aout 2019 - Par seo

 

DOSSIERS DE L'ETE. L’économie du foot pèserait 300 milliards de dollars au niveau mondial. Les transferts en 2018 ont atteint de 6,36 milliards de dollars.

 

L’ un des marchés les plus lucratifs au monde, le football, brasse chaque année des centaines de milliards de dollars. Selon des études récentes, l’économie du ballon rond pèserait aujourd’hui plus de 300 milliards de dollars (flux monétaires aussi bien pour les salaires, les transferts, les apports des sponsors et plus généralement des multinationales qui possèdent à la fois clubs et chaînes de télévision)… En gros, il représente près de la moitié du poids économique de la planète sport dans le monde.

Football : Pourquoi ça brasse autant d’argent ? Dossiers d'actualité

«Au début de son histoire, le football était  surtout un phénomène social et politique. Les premières Coupes du monde dans les années 1930 en Amérique du Sud n’étaient en rien centrées sur l’aspect économique», nous explique Paul Dietschy, professeur agrégé d’histoire contemporaine à l’université Franche Comté en France, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à ce sport. Avant de s’empresser d’ajouter que «la mondialisation qui a suivi cette période a mené à modifier le but premier de ce sport, et à créer un véritable marché dans lequel des enjeux économiques et sportifs s’entremêlent».

Football : Un terrain géopolitique

Le succès planétaire du football et l’importance des enjeux financiers ont amené les instances sportives à adopter un mode de management moderne, basé sur la transparence, l’efficacité et la performance, pour consolider la confiance, à la fois des supporters et des investisseurs. Quoiqu’aujourd’hui, il semblerait que cette géopolitique s’intensifie. Et que ces mêmes instances, la FIFA à leur tête, défraient régulièrement la chronique avec des scandales de corruption.

Dietschy met aussi l’accent sur l’importance du rôle du Maroc grâce aux exploits de ses joueurs emblématiques comme Larbi Ben Barek, dénommé mondialement «la perle noire». M’Hamed Zeghari, dirigeant administrateur de club et de centre de formation, explique que l’évolution du football marocain a été étroitement liée à celle du contexte géopolitique africain durant plusieurs années. Ce qui l’a fortement pénalisée. Or, selon l’expert, des pistes de rééquilibrage existent et doivent être sérieusement envisagées pour permettre à l’Afrique et au Maroc de saisir leur chance.

Au final, la mondialisation du football et sa marchandisation ont suscité beaucoup de convoitises ces dernières années. Nous sommes passés d’une logique de «l’important c’est de participer» à «l’important c’est de gagner (de l’argent)».

Football : Marché des transferts : des montants vertigineux…

Le marché mondial des transferts «baigne» dans un océan de dollars. Dans son dernier rapport global, celui de 2018, FIFA TMS (Transatlas Sport Management) annonce un total de 6,36 milliards de dollars dépensés par les clubs de football en indemnités de transfert, un chiffre en augmentation de 32,7% par rapport à 2016.

Depuis que le système des transferts internationaux (ITMS) est devenu obligatoire en octobre 2010, 94.000 transferts de joueurs professionnels ont été effectués dans les clubs du monde entier. Un nouveau record a été établi en 2017 avec 15.624 transferts internationaux, soit 6,8% de plus qu’en 2016. Ces transferts ont concerné 13.415 joueurs professionnels représentant 181 nationalités différentes. A noter que seulement 15,8% de ces transferts comportaient une indemnité financière. Depuis octobre 2010, le montant dépensé par les clubs sur le marché des transferts internationaux s’élève à un total de 29 milliards de dollars.

Dans le détail, le type de transfert le plus courant était celui des joueurs hors contrat, représentant 65,5% de l’ensemble des transferts internationaux en 2017. Les autres transferts étant soit des prêts (13,1%), des transferts permanents (13%) ou des transferts de joueurs revenant d’un prêt (8,4%). Comme le montre la figure, les transferts ont lieu à tout moment de l’année. La plupart des transferts s’achèvent en janvier, juillet et août, car ces mois correspondent au moment où la plupart des associations ont leurs périodes d’enregistrement ouvertes.

 

Football : Pourquoi ça brasse autant d’argent ? Dossiers d'actualité

Football : …Et des magouilles 

Il y a six mois de cela, le club londonien de Chelsea a été condamné par la FIFA à ne pas recruter lors des deux prochains mercatos. Le club était accusé d’avoir procédé à des transferts illégaux de joueurs mineurs. La FIFA a considéré que le club a enfreint les règles dans 29 cas. La Fédération anglaise a, elle aussi, été sanctionnée au même titre, de près de 450.000 euros, et il lui a été accordé un délai pour clarifier ses règles en matière de transferts internationaux de joueurs mineurs.

En mai dernier au Maroc, un exposé présenté par le vice-président de la FRMF et président délégué du Fath Union Sport (FUS), Hamza El Hajoui, au sujet du dossier de la migration des joueurs marocains mineurs évoluant au sein des clubs et sélections nationales vers l’étranger, a démontré, documents et chiffres à l’appui, l’implication de certains médiateurs dans ce genre d’opération, et son impact négatif sur le football national. Il a été décidé, suite à cela, de geler les activités des médiateurs accrédités au sein de la FRMF jusqu’à la régularisation de leur situation administrative et juridique. Et le réexamen des licences accordées aux médiateurs par la FRMF et les soumettre au nouveau cahier de charges, dont les conditions seront fixées par une commission compétente.

La FRMF a aussi chargé un avocat de déposer une plainte en son nom et ceux des clubs nationaux, auprès de la Fédération internationale de football (FIFA) et des instances spécialisées pour l’ouverture d’une enquête sur cette affaire, afin de déterminer les responsabilités et préserver les intérêts du football national. ◆

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