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Paiement mobile au Maroc : des débuts timides - Dossiers d'actualité

Paiement mobile au Maroc : des débuts timides - Dossiers d'actualité
Jeudi 08 Aout 2019 - Par seo

 

DOSSIERS DE l'ETELe modèle économique du paiement mobile s’inspire en grande partie du modèle de la monétique marocaine. Les différents établissements de paiement ont un rôle crucial à jouer. Le déploiement du paiement mobile passera forcément par l’équipement d’un grand nombre de commerçants. 

 

L’ avènement du m-paiement au Maroc intervient dans un marché contrasté et en pleine mutation. Il y a effectivement, d’une part, des industries bancaires et numériques de plus en plus matures en comparaison avec les économies voisines, avec un taux de bancarisation de 65%, et plus de 130% de taux de pénétration du mobile. Et, d’autre part, une omniprésence du cash dans les opérations de paiement (plus de 90% de cash sur le volume total).

Il faut remarquer qu’aujourd’hui, le modèle économique du paiement mobile s’inspire en grande partie du modèle de la monétique marocaine. Or, les derniers chiffres relatifs au premier trimestre 2019 montrent qu’après plus d’une décennie de monétique au Maroc, plus de 90% des transactions se font toujours en argent liquide et que la carte est encore utilisée à hauteur de 81,5% pour le retrait de cash et à moins de 20% comme moyen de paiement. Paiement mobile au Maroc : des débuts timides - Dossiers d'actualité

De tels chiffres ne font que confirmer l’assertion selon laquelle les Marocains sont sceptiques face au paiement via les canaux digitaux, essentiellement pour des raisons culturelles. Ceci laisse penser que le paiement mobile tardera sûrement, dans un premier temps, à s’enraciner dans les habitudes de consommation, mais il n’en reste pas moins que c’est une étape nécessaire, par laquelle le pays doit passer pour suivre la tendance internationale.

 

Paiement mobile : Les défis du déploiement du paiement mobile

Le déploiement du paiement mobile passera forcément par l’équipement d’un grand nombre de commerçants en terminaux d’acceptation de transactions mobile. En effet, «les commerçants seront équipés de terminaux mobile Android ou de terminaux de paiements électroniques Android, tels que Mobiwire et Femaco. Le prix d’un seul «device» est compris dans une fourchette de 1.000 à 2.000 dirhams. Le coût des équipements varie selon la quantité et aussi la marque choisie», nous rapporte Omar Benyahia, directeur associé chez Effyis Partners. Ensuite, un travail important doit être amorcé sur le changement des habitudes du consommateur marocain afin de sortir de l’utilisation du cash. Ce qui passera par une éducation du consommateur à travers notamment des campagnes de communication et de sensibilisation portant sur les avantages de ce nouveau mode de paiement.

Enfin, un point non moins important aux yeux du consommateur, doit être mis en place : «il faudrait établir une politique de tarification claire et bien étudiée du catalogue de service», d’après Ali Essadak, Senior Manager chez Effyis Partners.

Paiement Mobile : Renforcer le paiement électronique au Maroc

L’un des enjeux principaux du paiement mobile réside donc dans la digitalisation des paiements au Maroc, permettant à la fois de réduire les coûts liés au cash management (selon des études, le coût du cash est estimé à 7 milliards de DH par an au Maroc) et de démocratiser les services financiers en les rendant plus accessibles.

L’enjeu est aussi de permettre une meilleure inclusion financière et le développement de l’économie numérique. Ainsi, la directive de BAM (Barid-Al-Maghreb) a porté, premièrement, sur le lancement d’un nouveau moyen de paiement mobile, qui permet de réaliser un certain nombre d’opérations électroniques (transfert d’argent de personne à personne, opérations de paiement commerçant, retrait et dépôt d’espèces, paiement de facture, recharge mobile, etc.) et, deuxièmement, sur la mise à disposition d’une intéropérabilité confiée à HPS Switch.

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Paiement Mobile : Et les établissements depaiement dans tout ça ?

Les différents établissements de  paiement auront un rôle crucial à jouer. En effet, ce sont eux, avec le support de BAM, l’ANRT et le Switch national mobile HPS Switch, qui se chargeront du déploiement du paiement mobile et le développement des m-wallets, cesporte-monnaies électroniques sur mobile permettant de transférer de l’argent à un bénéficiaire, de payer ses achats auprès d’un commerçant et régler ses factures. «Pour cela, il suffit d’avoir un compte auprès d’une banque ou d’un établissement de paiement (compte de paiement) et d’un téléphone mobile. Prenons soin de rappeler que la m-wallet est rattachée à un numéro de téléphone. Cependant, le consommateur peut stocker un ou plusieurs m-wallets et définir le m-wallet par défaut qui va recevoir les transferts de fonds par les autres portefeuilles», indique Omar Benyahia.

Le marché marocain compte désormais plusieurs applications mobiles pouvant supporter un m-wallet (SoPAY, Attijari Pay, BPAY, WePay, Jibi, etc.). La plupart de ces offres sont proposées par les établissements de paiement, filiales pour la majorité d’établissements bancaires. ◆

 


Mutualisation : Les banques se mettent à niveau

La mutualisation est un vecteur important dans la transformation des banques et des organismes financiers. Car, en effet, la croissance rapide du marché risque de leur échapper si elles ne réagissent pas rapidement au contexte actuel. Grâce à la généralisation des technologies mobiles et au développement du cloud computing, les fintech pénètrent depuis quelques années le domaine des paiements et peuvent constituer un défi majeur pour les banques dans les années à venir.

Certes, leurs chiffres d’affaires sont faibles comparés à ceux des banques, mais leur potentiel de croissance demeure impressionnant. L’offre monétique bancaire doit donc être repensée en permanence ainsi que les volets d’agilité et de fluidité des process, en vue de relever le défi de la compétitivité. Ces facteurs combinés au développement exponentiel du paiement électronique durant les dernières années, ont poussé les organismes bancaires et financiers à mutualiser leurs activités monétiques. A savoir disposer d’une plateforme unique permettant la gestion de l’ensemble des transactions monétiques. «Cette plateforme est appelée communément ‘usine monétique’; qui passe par la mise en place d’un système d’information monétique commun permettant de traiter l’acception et l’acquisition des flux ainsi que l’émission des cartes», nous confie un expert. 


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