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Altanta évite le piège de la sinistralité automobile

Altanta évite le piège de la sinistralité automobile
Samedi 23 Mars 2019 - Par Finances News

 

Atlanta fait mieux que le marché pour la quatrième année consécutive.

La compagnie prend le contrepied de la concurrence en affichant une sinistralité extrêmement maîtrisée.

 

Par A. Hlimi

 

A contre-courant des autres compagnies cotées, Atlanta est la seule à dégager une croissance bénéficiaire en 2018. Son résultat net croît de 14%, alors que son résultat net part de groupe, qui inclut les filiales, est stable à cause de la baisse de la profitabilité des Eaux minérales d'Oulmès que la compagnie intègre dans ses comptes. En somme, Atlanta a survolé le sujet de la sinistralité qui entache la profitabilité globale du secteur, sans pour autant réduire son volume d'affaires.

La compagnie a poursuivi son offensive commerciale en 2018. Le défi majeur était de continuer à naviguer en eaux troubles et de capter de la croissance dans un secteur en bas de cycle. Exercice d'agilité que Atlanta réussit avec une quatrième année de croissance des primes plus rapides que la moyenne du marché.

Sur le segment le plus craint mais toujours bénéficiaire qu'est l'automobile, la compagnie affiche 10,4% de croissance. En revanche, le management a décidé de lever le pied sur les autres activités non-Vie, généralement déficitaires pour le secteur. Ces dernières n'augmentent que de 0,7% «conformément à la politique de souscription d'Atlanta», résume Hicham Tabine, en charge du pôle Finance de la compagnie, lors de la présentation des résultats tenue lundi, laissant entendre que c'est voulu.

Globalement, la non-Vie affiche une croissance de 5,8%, tandis que la Vie progresse de 12,9% grâce, en grande partie, à la bancassurance et au partenariat stratégique avec CIH Bank. Les primes globales enregistrent une hausse de 7,1%, contre une moyenne de 6,5% pour le marché, hissant la part de marché (PDM) de l'assureur à 5,9%. En intégrant la filiale Sanad, cette PDM culmine à 14%.

 

Une sinistralité maîtrisée

Il ne suffit pas de vendre plus dans la configuration actuelle du marché des assurances, mais de veiller à ce que le portefeuille reste de bonne qualité. Défi que Atlanta a pu relever, en témoigne un ratio S/P qui n'augmente que faiblement sur le segment à risque, passant de 76,4 à 77,5%. Et si les sinistres ont été maîtrisés, c'est grâce à une série de mesures prises dès 2017, comme  notamment une révision tarifaire des garanties annexes, une adaptation des primes automobiles et une gestion du réseau qui a été orientée vers des ouvertures plus élevées dans les régions les moins sinistrées. «Ceci ne nous empêche pas de rester très vigilants», tempère Fatima-Zahra Bensalah, administrateur-Directeur général délégué de la compagnie, qui insiste sur la nécessité de rester «en cohérence avec le dispositif mis en place par la FMSAR» et de rester «à l'écoute du marché» pour endiguer le phénomène.

La compagnie adhère aux solutions de place largement médiatisées dernièrement pour contrer la sinistralité et la fraude dans l’automobile. Même son de cloche pour Jalal Benchekroun, DG de la compagnie, qui explique que Atlanta a pu éviter le piège de la sinistralité automobile par le fait qu'elle «n'a jamais été à l'extrême du marché», précisant que la compagnie a toujours accordé une importance particulière à la notion de risque dans le pricing.

Atlanta a su maîtriser sa sinistralité tout comme ses frais de gestion qui n'augmentent que de 4,7%. C'est moitié moins que la progression des primes.

Sur le plan financier, la société a externalisé moins de plus-values pour générer son résultat financier. Ce dernier augmente de 8,6% à 280,6 MDH, grâce principalement aux revenus des placements.

«Nous avons une exposition marquée sur les valeurs de rendement. Ceci explique cette performance», précise Hicham Tabine. Atlanta dégage au final un résultat net social en hausse de 14,5%, en ligne avec les attentes du management. Quant au RNPG, il ressort stable à 211 MDH à cause de la contreperformance financière des Eaux minérales d'Oulmès.

Atlanta affiche un ratio de marge de solvabilité de 310% en intégrant les plus-values latentes et 230% hors plus-values.

A noter que le Conseil d'administration a décidé de proposer à l'Assemblée générale ordinaire la distribution d'un dividende de 3 DH/action, en hausse par rapport à l'an dernier où il était de 2,8 DH/action. ◆

 


En embuscade pour le Takaful

Atlanta Assurances est dans les starting-blocks pour le Takaful. La compagnie, qui avait annoncé auparavant avoir signé une convention de partenariat avec un investisseur qatari pour son activité Takaful, explique vouloir déposer son projet auprès de l'ACAPS dès que cette dernière commencera à réceptionner les dossiers. La compagnie se tient prête à démarrer, d'autant plus que son marché l'attend à bras ouverts. Son (futur) partenaire, Umnia Bank, accélère sur les financements immobiliers avec près de 1 Md d'encours, un vivier de primes décès pour le futur Takaful d'Atlanta.

 

 

Atlanta Assurance

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