Industrie automobile: des atouts pour développer la filière «électrique»

Industrie automobile: des atouts pour développer la filière «électrique»

Les groupes Renault et Stellantis, présents dans le Royaume, affichent de fortes ambitions pour le segment.

Plusieurs constructeurs ont manifesté leur intérêt pour s’implanter au Maroc.

 

Par C. Jaidani

Partout dans le monde, la voiture électrique gagne du terrain, encouragée par les mesures de soutien des gouvernements et la généralisation des installations, notamment les bornes de recharge. Pour leur part, plusieurs constructeurs ont concentré une bonne partie de leur programme de développement sur ce segment, annonçant l’arrêt à terme de la production des véhicules diesel.

En 2021, le nombre de voitures électriques écoulées dans le monde a frôlé le million, réalisant une croissance de plus de 150% comparativement à 2020. Cette dynamique devrait s’accélérer dans les années à venir. Le Maroc, qui a fait de l’automobile une filière phare pour l’essor de son secteur industriel, doit se positionner dans ce segment afin de consolider les acquis de cette activité et lui assurer de nouvelles perspectives plus prometteuses.

Pour le moment, seul le site de Stellantis à Kénitra produit ce genre de véhicules, à travers les modèles Citroën AMI et Opel Rocks-e, dont la quasi-totalité est destinée à l’export. Dans son nouveau plan stratégique, le groupe a annoncé un grand virage pour le segment de l’électrique, où tous ses sites dans le monde sont appelés à jouer un rôle clé. Pour sa part, le groupe Renault a dévoilé ses ambitions dans ce segment, sans toutefois préciser sa vision pour les sites marocains. Tous les modèles fabriqués au Maroc sont de type thermique, mais rien n’exclut la possibilité d’assurer le montage de voitures électriques ou hybrides. Interrogé à ce sujet, Mohamed Bachiri, directeur du groupe Renault Maroc, souligne que «ce sont des décisions stratégiques qui doivent être prises par le top management du groupe».

Etant donné que les sites marocains sont très compétitifs au niveau des coûts de production et de la qualité des produits, cela devrait inciter à développer la filière électrique. Techniquement, cela ne nécessite pas de grandes transformations, mais juste quelques adaptations. Excepté quelques modèles spécifiques, la plupart des voitures électriques sont conçues sur la base de plateformes de véhicules conventionnels. Avec une capacité de production de 500.000 véhicules par an (160.000 pour le site de Somaca et 340.000 pour celui de Melloussa), le groupe Renault dispose également d’un écosystème très performant regroupant de nombreux équipementiers.

Ils sont en perpétuelle évolution pour répondre au mieux aux besoins du constructeur. Outre les firmes françaises, de grands groupes étrangers ont manifesté leur intérêt pour développer des sites de construction de voitures électriques au Maroc. En décembre 2017, le géant chinois BYD a annoncé un méga-projet d’implantation de voitures électriques à Tanger. Le protocole prévoit la construction de trois usines (batteries électriques, bus et camions électriques et trains électriques). La firme chinoise a annoncé à cette date que le Royaume dispose de tous les ingrédients nécessaires pour assurer le décollage de l’industrie des voitures électriques, notamment un climat des affaires adéquat, la proximité géographique avec les principaux marchés, notamment européen, et un cadre logistique favorable et compétitif.

 

Une nouvelle vie pour les véhicules diesel
Les différents pays développés se dirigent vers l’interdiction totale des moteurs thermiques, qui seront déployés uniquement pour les poids lourds et certains véhicules utilitaires. Mais les autres pays du globe ne pourront pas suivre cette évolution, vu son coût élevé. Les nouvelles générations de voitures ne sont pas à la portée de tous les acheteurs, outre le fait que ces pays ne sont pas préparés sur le plan des infrastructures et des équipements, notamment les bornes de recharge. D’où l’intérêt pour le Maroc de promouvoir une industrie de véhicules diesel. Car la demande sera toujours maintenue pour les pays africains, asiatiques ou d’Amérique latine. Les modèles concernés peuvent être fabriqués sous licence ou développés localement.

 

 

 

 

 

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