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Résistance irrationnelle

Jeudi 06 Decembre 2018 - Par Finances News

Par Fatima Ouriaghli, Directrice de publication de Finances News Hebdo


 

Pendant deux jours (5 et 6 décembre), une délégation marocaine participe à une «table-ronde», suite à l’invitation de l’envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, Horst Köhler, adressée le 28 septembre et le 23 novembre 2018, au Maroc, à l'Algérie, au «polisario» et à la Mauritanie.

Le sujet qui réunit tous ces acteurs autour de la même table est de taille : le différend régional sur le Sahara marocain.

Que ressortira-t-il de cette réunion de Genève ? Difficile de le dire pour l’instant. Les discussions sont en cours. Mais il y a de quoi se faire une petite idée.

L’Algérie ne semble pas, en effet, disposée à un dialogue constructif, voire à instaurer un climat plus apaisé dans ses relations avec le Maroc. C’est l’impression qu’elle a toujours donnée, et de façon encore plus flagrante depuis le 6 novembre dernier. Une date hautement symbolique, qui a vu le Roi Mohammed VI, dans son discours à l’occasion du 43  anniversaire de la Marche Verte, appeler «au dialogue direct et franc avec l’Algérie sœur, afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement de nos relations». Une main tendue qui a fait le tour du monde et a été saluée par la communauté internationale, tant les observateurs y voyaient le début d’une normalisation des relations bilatérales.

Sauf que, du côté du pouvoir algérien, on a préféré le silence outrancier à l’ouverture d’un dialogue responsable qui aurait pu permettre de décrisper les relations, en vue justement d’aborder cette rencontre de Genève plus sereinement. Au point que le Maroc, convaincu que fumer le calumet de la paix avec son voisin algérien est dans l’intérêt des deux peuples, mais également de la région du Maghreb, est revenu à la charge le 26 novembre, soit 20 jours après le discours royal. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a ainsi eu un entretien avec l’ambassadeur de l'Algérie à Rabat, «après plusieurs démarches, formelles et informelles, entreprises vainement, dix jours durant, afin d’établir un contact avec les autorités algériennes à un niveau ministériel». Le Maroc a de fait réitéré le souhait de connaître la réaction officielle des autorités algériennes à l’initiative d’établissement d’un mécanisme politique de dialogue et de concertation avec l’Algérie, comme annoncée par le Souverain le 6 novembre.

A l’heure où nous mettions sous presse, ce nouvel appel était resté sans succès. Le dégel passera forcément par une attitude plus responsable de la part d’Alger. Car ce silence s’apparente fort à une résistance irrationnelle à la décrispation des relations bilatérales. ■

 

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