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Geste… royal

Mercredi 07 Novembre 2018 - Par Finances News

Par Fatima Ouriaghli, Directrice de publication de Finances News Hebdo


 

Dans un Maghreb atomisé, plombé par les tensions politiques extrêmes entre le Maroc et l’Algérie, le Roi Mohammed VI a su trouver les mots justes, ce mardi 6 novembre, dans son discours prononcé à l’occasion du 43ème anniversaire de la Marche Verte.

Faisant preuve d’une sagesse digne d’un homme d'Etat en tendant notamment une main chaleureuse au voisin algérien, le Souverain a incontestablement posé les socles d’une décrispation durable des relations bilatérales.

Comprendre cela, c’est comprendre qu’il s’affranchit de l’arithmétique politicienne, dans l’intérêt exclusif des deux peuples, et plus globalement dans le souci d’édifier, enfin, un Maghreb uni et fort. Comprendre cela, c’est également comprendre, qu’indépendamment de ce geste royal fort, il n’est nullement question pour le Royaume de transiger sur son intégrité territoriale. Car, sur la cause du Sahara marocain, il n’y a aucune ambiguïté.

Cette démarche épique et courageuse du Roi, d’ores et déjà saluée à sa juste mesure par les observateurs avertis, ne saurait être cependant assimilée à une clause de style et ne doit pas faire l’objet d’une lecture partielle et partiale. D’autant que le Souverain s’est voulu très pragmatique en proposant «la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation». Et, surtout, en laissant à Alger la latitude de faire d’éventuelles propositions. Une approche responsable et élégante visant à apaiser les tensions entre les deux pays.

Au regard du contenu du discours royal, affirmer que l’Algérie est mise aujourd’hui face à ses responsabilités est un truisme.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika saura-t-il apprécier la portée historique de la proposition royale ? Et quand bien même il en perçoit l’intérêt éminemment stratégique, aura-t-il les coudées franches pour y souscrire ?

A cette dernière interrogation, difficile de répondre par l’affirmative. Car, dans sa «garde rapprochée», inscrire les relations entre le Maroc et l’Algérie dans la normalité n’est franchement pas une priorité. Et les caciques du pouvoir n’hésiteront certainement pas à murmurer à l’oreille de Bouteflika des arguments rédhibitoires pour laisser les choses en l’état. Au nom, uniquement, de leurs intérêts personnels. ■

 

 

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