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Vendredi 01 Juin 2018 - Par Finances News

Arbitrages

 

Entre les désirs du chef de gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, et la réalité, il y a un gouffre que l’on ne se risquerait pas essayer de franchir. Car si pour lui le dialogue social enregistre des résultats «positifs», ce n’est visiblement pas la lecture qu’en ont les observateurs, encore moins les syndicats.

Ces derniers, dont les prétentions (entre 25 et 35 Mds de DH) sont bien loin de l’offre financière du gouvernement (6 Mds de DH), ne sont en effet pas du tout sur la même longueur d’onde que le gouvernement.

Pour autant, même si en l’état il semble difficile de rapprocher les vues, El Othmani reste très diplomatique, jouant la carte de la négociation à fond. Sauf que pour parvenir à un compromis, il faut que chaque partie mette de l’eau dans son vin.

Le gouvernement devra encore faire un effort financier et les syndicats devront tout autant faire des concessions. Mais El Othmani a-t-il justement une marge de manœuvre suffisante pour répondre aux exigences des syndicats ? A l’évidence non. Car quand bien même sur le plan économique le Maroc affiche globalement des fondamentaux «corrects» pour l’instant, il y a une constante à laquelle l’Exécutif a toujours veillé : le respect des équilibres macroéconomiques, avec en toile de fond l’objectif que s’est fixé le gouvernement de ramener le déficit budgétaire à 3% à fin 2018.

Par ailleurs, le contexte international actuel plaide plutôt en faveur d’une gestion budgétaire plus rigoureuse. L’économie marocaine prête en effet le flanc à certains facteurs exogènes, comme notamment les fluctuations du cours du baril de pétrole. Ce dernier évolue depuis quelques semaines dans une fourchette comprise entre 75 et 80 dollars le baril, bousculant de fait l’une des hypothèses retenues dans la Loi de Finances 2018.

Bref, le gouvernement n’a pas les coudées franches. Il va falloir faire des arbitrages à un moment où l’obligation de donner davantage de pouvoir d’achat aux ménages est devenue un impératif. ■

 

 

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