Un ponte de Rothschild analyse la stratégie africaine du Maroc

Un ponte de Rothschild analyse la stratégie africaine du Maroc

 

Martin L. Kingston, PDG de Rothschild/SA : «Le Maroc forme avec l’Afrique du Sud et le Nigeria le peloton de tête des puissances économiques africaines», a dit le PDG de Rothschild

 

Martin L. Kingston, président directeur général (PDG) du groupe Rothschild Global Advisory South Africa, et grand connaisseur de la scène africaine, n’a pas tari d’éloges sur l’économie marocaine et sa politique africaine.

Pour lui, le Maroc a su développer une force de frappe économique et diplomatique impressionnante qui se déploie avec crédibilité à travers le continent africain, a-t-il indiqué dans une déclaration à la MAP-Johannesburg.

Par rapport à de nombreux pays africains, le Maroc se démarque par les résultats économiques qu’il réalise, a dit Kingston, dont l’analyse rejoint les conclusions de rapports publiés récemment par des organismes internationaux qui s’intéressent à la situation économique et politique en Afrique, dont le cabinet Enrst and Young.

Il estime que le Maroc s’est positionné depuis des années à l’avant-garde de l’Afrique du nord, et s’est engagé dans une politique africaine novatrice qui a eu comme résultat de propulser le pays aux rangs des principales locomotives économiques du continent.

Le Maroc forme avec l’Afrique du Sud et le Nigeria le peloton de tête des puissances économiques africaines, a dit le PDG de Rothschild, soulignant que ces trois pays se taillent la part du lion de l’activité économique dans le continent.

Abordant le climat économique de plus en plus compliqué dans plusieurs pays africains dont l’Afrique du Sud, le responsable a souligné que des développements survenus ces dernières années, notamment le ralentissement économique en Chine et la baisse des cours des matières premières, ont eu pour effet de réduire l’enthousiasme avec lequel les perspectives du continent étaient perçues.

Ceci n’entame en rien les énormes opportunités qui existent dans le continent, a-t-il fait observer, soulignant que dans ce contexte difficile, «le Maroc demeure très attrayant pour les investisseurs» en particulier dans des secteurs stratégiques comme les services financiers, les télécommunications et la distribution.

Ces secteurs ont offert au Maroc une force de frappe que le pays a exploité intelligemment pour renforcer sa présence en Afrique, a dit M. Kingston.

Il s’agit là, selon lui, d’un développement qui doit être jugé à sa juste valeur. La projection africaine du Maroc «donne matière à réflexion surtout si on compare cette expansion à la situation de pays comme l’Afrique du Sud, où les compagnies hésitent à aller au-delà de l’Afrique australe où elle sont implantées pour des raisons géographiques, linguistiques et historiques.

«Les compagnies sud-africaines ont pris du temps pour réaliser que les succès réalisés sur le marché domestique ne conduisent pas à une réussite automatique sur le reste du continent», a-t-il dit.

Plusieurs compagnies sud-africaines, qui se sont engagées dans le continent sans une bonne connaissance du terrain africain, ont essuyé d’énormes pertes, a-t-il enchainé.

Face à ce recul, il est intéressant de suivre l’expansion des compagnies marocaines au-delà des marchés traditionnels en Afrique de l’ouest vers de nouveaux horizons en Afrique de l’est et bientôt en Afrique australe, a encore dit le patron de Rothschild Global Advisory/SA.

Cette expansion montre que des changements sont en cours dans le continent, a-t-il dit, soulignant que la segmentation de l’Afrique, en vogue il y a 10 ou 15 ans, n’est plus possible aujourd’hui.

Et d’ajouter que les capacités du Maroc dans divers secteurs financiers, technologiques et autres sont les bienvenues dans ce nouveau contexte africain.

Le Maroc s’impose comme un pays doté des ressources nécessaires pour se projeter dans une expansion économique vers d’autres régions africaines, a-t-il dit.

M. Kingston a noté, dans ce contexte, que le Maroc figure sur une liste très selecte de quatre pays africains les plus prometteurs que le groupe Rothschild Global Advisory a élaborée sur la base de critères bien ciblés.

Cette liste comprenait une douzaine de pays quand elle a été élaborée pour la première fois il y a trois ans, quand les perspectives économiques africaines étaient plus favorables, a-t-il expliqué, relevant que le Maroc occupe une place importante sur cette liste, en raison de ses réalisations et des fondements solides de son économie.

M. Kingston, a, d’autre part, mis l’accent sur l’importance du retour du Maroc au sein de l’Union africaine. «Il est important pour le Maroc de recouvrer son siège au sein de cette organisation continentale», a-t-il dit.

Il a, dans la foulée, mis en avant le nouveau dynamisme que le Maroc apporte aux efforts d’intégration en Afrique, citant comme exemple le projet de gazoduc maroco-nigérian. «C’est un projet d’envergure qui s’inscrit dans le cadre des infrastructures transfrontalières qui requièrent une volonté bien affirmée», a-t-il dit.

Rothschild Global Advisory est l’un des plus importants groupes de conseils financiers indépendants au monde. Le groupe fournit des conseils en matière de fusions et acquisitions, de stratégie et de financement, ainsi que des solutions de gestion de l’investissement et des richesses aux grandes institutions, aux particuliers et aux gouvernements à travers le monde.
 

 

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