Importation des produits alimentaires : la facture risque de s’alourdir

Importation des produits alimentaires : la facture risque de s’alourdir

 

Conditions climatiques défavorables, hausse des prix du pétrole : les cours du blé, du sucre et des oléagineux seraient impactés par une baisse de l’offre à l’international en 2018 et 2019.

 

En dépit de sa vocation agricole, le Maroc est un grand importateur de produits alimentaires de grande consommation, à l’image du blé, du sucre, des oléagineux, du thé et du café. Une part importante des besoins est assurée à partir des marchés internationaux et reste de ce fait à la merci des aléas des cours mondiaux.

Dans son dernier bulletin du mois d’octobre 2018, l’Organisation mondiale de l’agriculture et de l’alimentation (FAO) table sur «une hausse de la demande de blé pour la campagne 2018-2019 de 1%. Alors que la production devrait connaître une régression de 1,4% sous l’effet d’une baisse de régime de la Russie, de l’Argentine et d’autres pays de l’Europe de l’Est».

En Europe occidentale, le rendement à l’hectare en 2018 a été affecté par une sécheresse sans précédent, l’une des plus importantes depuis 1959. Pour la troisième année consécutive, les exportations de blé ont chuté, atteignant leur niveau le plus bas depuis cinq ans (34 millions de tonnes soit une baisse de 15%).

Dans les autres grands pays producteurs comme les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie, les spécialistes annoncent un hiver rude, qui peut impacter les récoltes. La hausse des prix de pétrole et des intrants devraient augmenter ceux du blé. Rappelons que selon les saisons et la pluviométrie, le Maroc importe entre 2 et 4 millions de tonnes de blé.

 

Sucre : vers un  renchérissement  des cours

Concernant le sucre, le cabinet conseil Datagro, basé à Sao Paolo au Brésil, prévoit un «gap entre la consommation et la production de 710.000 tonnes durant la période s’étalant d’octobre 2018 à septembre 2019. Ce recul est dû à une baisse de production dans plusieurs pays (Brésil, Etats-Unis, Russie, Inde, Thaïlande, Europe)».

Face à la hausse du prix du gaz et du pétrole, le Brésil (principal producteur mondial de sucre) préfère orienter la canne à sucre vers la production de l’éthanol au lieu de l’exportation à l’état brut. Une baisse de l’offre devrait renchérir les cours à l’international. Pour rappel, le Maroc importe plus de 600.000 tonnes de sucre, soit 50% de ses besoins.

Enfin, s’agissant des oléagineux, produits essentiels pour la production des huiles de table, les prévisions tablent également sur un recul de la production, du fait de la sécheresse en Europe, où la production devrait reculer en 2018 de 32,2 millions de tonnes, soit une régression de 7,7%. Le Maroc importe plus de 80% de ces besoins en oléagineux de l’étranger pour une valeur moyenne de 600 millions de dollars. ■

 


L’effet Dollar

Une part importante des importations marocaines de produits alimentaires se fait en Dollar. Cette devise a connu un renchérissement ces derniers temps sous l’effet de l’évolution positive de l’économie américaine. Au premier janvier 2018, un Dollar s’échangeait à 9,21 dirhams contre 9,54 dirhams le 30 octobre 2018.

 

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