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Culture : la stratégie de la tutelle épinglée par la Cour des Comptes

Culture : la stratégie de la tutelle épinglée par la Cour des Comptes

 

La Cour des comptes déplore l’absence de stratégie claire, la faible protection des monuments historiques, et l’absence de registre de l’inventaire général du patrimoine culturel.

 

La Cour des comptes, qui publie son rapport annuel consacré à l’année 2015, s’est penchée sur la gestion du Ministère de la Culture. Plusieurs dysfonctionnements de taille ont été relevés par les hommes de Driss Jettou.

«Il a été remarqué, selon les documents produits par le ministère, que la programmation stratégique du ministère de la Culture a intéressé trois périodes distinctes : 2003-2007, 2008-2012 et 2012-2016. Toutefois, les documents présentés par le ministère de la culture tels qu’ils sont établis ne peuvent être considérés comme des stratégies», peut-on lire dans le rapport.

 

Pour ce qui est des institutions culturelles relevant du ministère de la culture, il a été constaté qu’elles sont, dans leur majorité, construites et gérées par les collectivités locales. Ainsi sur les 463 institutions recensées seules 57 institutions ont été créées par le ministère de la culture. La répartition spatiale de ces institutions est marquée par une disparité régionale importante, soulignent les magistrats de la Cour des Comptes.

Le ministère a procédé au soutien de 826 associations pendant la période entre 2005 et 2013. De ce fait, les montants octroyés ont atteint un montant de 46.301.999,00 DH, dont la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaïre et celle du grand Casablanca se sont accaparées de plus de 59% (avec un total de 361 associations, soit 43,70% des associations soutenues)

 

Les monuments historiques faiblement protégés

 

La Cour des comptes note également que le recensement des monuments et sites historiques n’a pas été appuyé par des éléments explicatifs relatifs aux moyens utilisés pour cette action, comme les cartes archéologiques, les cartes de positionnement géographique par satellites, et les recherches historiques dédiées, essentiellement, à ces monuments recensés.

Les magistrats soulignent à cet égard la faiblesse de la protection juridique des monuments historiques. Le ministère n’a pas procédé à l’ouverture et à la tenue des documents juridiques relatifs au patrimoine comme il est prévu par les dispositions réglementaires. Il s’agit, notamment, de la liste des immeubles classés, du registre de l’inventaire général du patrimoine culturel relatif aux meubles et immeubles, ayant fait l’objet d’un arrêté d’inscription, ainsi que du répertoire national des gravures et peintures rupestres, et des pierres écrites, en plus des inscriptions monumentales.

Enfin, souligne la Cour des Comptes, il a été remarqué que le système de sécurité des monuments historiques présente certaines défaillances. Ces insuffisances exposent ces monuments, en permanence aux tentatives de vol ou à des actes de vandalismes ou bien aux risques de démolition.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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