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Jeudi 12 Avril 2018 - Par financenews

Lesieur Cristal résiste aux aléas, et met le cap sur les Etats-Unis

 

- Un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de DH et une nouvelle année de ventes record.

- La société a créé une antenne aux Etats-Unis pour la commercialisation de l'huile d'olive.

 

 

C’est dans un environnement marqué par une volatilité des matières premières, une faible campagne d'huile d'olive et une forte pression sur les prix de vente qu’a évolué le Groupe Lesieur Cristal. La filiale marocaine du Groupe français Avril s’en est tout de même tirée à bon compte.

Au terme de 2017, elle a enregistré un chiffre d’affaires de 4,5 milliards de DH, en progression de 12% comparativement à 2016, marquant ainsi une nouvelle année de ventes record.

À l’international, Lesieur Cristal performe.  «Nous avons eu une excellente année à l’export, avec plus de 700 MDH de ventes», s’est réjoui Samir Oudghiri, Directeur général du Groupe Lesieur.

Sur le segment des huiles de table (74% du CA), l’entreprise pâtit toujours de la tendance baissière des cours de l’huile de soja, avec d’importantes fluctuations sur le second semestre 2017.  «Cette tendance baissière continue de se confirmer au premier trimestre de l’année en cours», fait savoir Oudghiri.

Mais pas que. Le groupe agroalimentaire souffre également d'une pression sur ses marges.

«La pression concurrentielle sur le segment entrée de gamme a impacté nos marges, avec des prix de vente à des niveaux bas», signale-t-il.

Cette contraction s’est faite sentir d’ailleurs sur la marge opérationnelle qui est ressortie à 6,4% contre 7% une année plutôt. Toujours est-il que le marché est en croissance soutenue. Pour cause : la faible campagne oléicole 2016-2017 qui a favorisé la consommation de l’huile de table, à en croire le management.

Le marché du savon (17% du CA) a été marqué par une stabilité du marché du savon corporel et une légère baisse de 2,8% de celui du ménage, sous l’effet du développement du marché du liquide et de la poudre.

Quant à l’activité «huile d’olive», elle a été impactée par la faiblesse des récoltes. Cela dit, Lesieur continue de grignoter quelques parts de marché sur ce segment, à en croire le management.

Ce dernier explique que les prix marocains des huiles d'olive ne sont pas compétitifs à l’international vu leur cherté.  «Le Maroc n’a quasiment rien exporté sur ce segment, à cause des niveaux de prix d’achat très élevés», explique le management.

Au niveau bilantiel, Lesieur affiche toujours des indicateurs solides, avec une trésorerie excédentaire et un endettement négatif de 181 MDH.

En termes de perspectives, le management dit vouloir améliorer les performances de ses nouveaux produits et les intégrer dans le portefeuille du Groupe. Il sera aussi question de développer et pérenniser les ventes à l’export, notamment aux Etats-Unis.

Enfin, une enveloppe de 70-80 MDH d’investissement est prévue pour cette année, destinée à l'amélioration de l’outil de production et l’acquisition de fermes. ■

 

3 questions à Samir Oudghiri Idrissi, Directeur général de Lesieur Cristal

 

Finances News Hebdo : Quel bilan faites-vous du marché des huiles en 2017, et comment voyez-vous l’année 2018 ?

 

Samir Oudghiri Idrissi : L’année 2017 a été marquée par la reprise de la croissance économique, après la bonne campagne agricole.

Cependant, au deuxième semestre, nous avons manqué de pluies. Cette sècheresse a lourdement affecté les revenus des ménages, avec un recul de la consommation pour de nombreux produits alimentaires.

Mais nous avons poursuivi notre plan stratégique, lequel est essentiellement axé sur le renforcement des marques, la diversification du portefeuille produits et l’optimisation des coûts opérationnels.

D’un autre côté, la faible campagne d’huile d’olive 2016-2017 a favorisé la consommation de l’huile de table.

Pour 2018, la tendance baissière des cours de l’huile de soja à l’international est toujours confirmée pour ce premier trimestre. En face, l’escalade des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis pourrait aussi impacter notre activité. La Chine est le plus important acheteur de cet oléagineux américain et les prix du soja sont donc particulièrement influencés par ses importations.

 

 

F.N.H. : Comment comptez-vous développer votre offre à l’export, notamment aux Etats-Unis ?

 

S. O. I. : L’Amérique est un marché très important de 300.000 tonnes. Nous voulons y prendre une place. Dans le cadre du soutien de nos exportations, et en liaison avec notre stratégie visant la valorisation de la production de nos plantations d’olives, nous avons ouvert une antenne aux Etats-Unis pour y commercialiser des produits à base d’huile d’olive.

Notre ambition est liée au Plan Maroc Vert, lequel prévoit à horizon 2020/2022 une production oléicole de 230.000/250.000 tonnes. Le Maroc en consomme 100.000 tonnes et le reste est destiné à l’export. Notre objectif est d’exporter, dans 4 à 5 ans, 15.000 à 20.000 tonnes d'huile d'olive, notamment en Amérique. Mais nous n’en sommes qu’au début de l'histoire.

 

 

F.N.H. : Etes-vous toujours tenté par une implantation en Afrique subsaharienne ?

 

S. O. I. : L’implantation d’unités industrielles en Afrique subsaharienne est toujours d’actualité.

Maintenant, la question est d'arbitrer entre la rentabilité à l’export et celle qu’offre l’investissement sur place. En outre, l’adhésion du Maroc à la CEDEAO est d’une grande importance quant au choix et la décision de s’implanter en Afrique.

Autrement dit, si cette intégration venait à se concrétiser, elle va apporter un certain nombre d’avantages et de risques que l’on doit préalablement étudier. En gros, nous avançons très bien sur ce sujet, notamment sur les destinations et sur ce que l’on a envie d’y faire. ■

 

Par Y.S

 

 

 

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